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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #William Desmond Taylor, #Mary Pickford
La petite Vivandière (Johanna enlists - William Desmond Taylor, 1918)

Nous sommes en 1918 : quand sort le film (15 septembre) mais aussi quand il fut tourné. De plus, en tête d’affiche on retrouve la pétulante Mary Pickford, alors vous vous dites que si le titre original est Johanna enlists (1), et que Johanna est interprétée par la « petite fiancée de l’Amérique », nous allons avoir droit à un film de propagande.

Et si en pus vous savez qu’au générique on trouve aussi Wallace Beery, vous allez tout de suite penser qu’on va avoir droit à une resucée de The little American qui sortit (presque) un an plus tôt. Ce en quoi vous auriez tort.

Mais en fait, au lieu de dire vous, je ferai mieux d’écrire « je » parce que ce sont les réflexions que je me suis faites en découvrant cette réalisation de William Desmond Taylor dans mon fatras de films.

 

Certes, il y est question d’armée et de jeune fille pure, mais nous sommes bien loin de l’intrigue de Jeanie McPherson, même si les références au conflit européen ne manquent pas.

Johanna vit à la ferme avec ses parents (Anne Shaefer & Fred Huntley), son petit frère (Wesley Barry) et ses deux petites sœurs (Jean & June Prentis). C’est une vie bien monotone et pénible pour elle qui ne rêve que d’une chose : le grand amour.

Elle prie alors le ciel de lui envoyer un fiancé (2). Et non seulement le ciel l’entend, mais il ne lui envoie pas qu’un seul : c’est un régiment en manœuvre qui s’arrête sur les terre des Rensaller et va s’y installer quelques temps.

Bien sûr, une belle jeune fille au milieu de tous ces hommes va amener la convoitise, et bien sûr des conflits. Le plus important concernera le lieutenant Leroy (Emory Johnson) et le soldat Vibbard (Monte Blue), qui ira jusqu’en cour martiale.

 

Nous sommes ici – comme toujours avec Mary Pickford – dans un cadre de comédie, même si on sent tout de même une certaine retenue, l’enjeu final étant tout de même important : rendre hommage à tous ces jeunes hommes qui sont sur le front. Et les soldats qui composent cette troupe de cinéma étaient de véritables militaires – mis à part les quelques acteurs aux rôles déterminants – qui étaient sur le front quand le film est sorti (3).

Et bien sûr, le film est construit autour de Mary Pickford, lui permettant de démontrer (encore une fois) toute l’étendue de son talent comique sous l’œil bienveillant de William Desmond Taylor.

Encore une fois, l’enjeu véritable (voir plus haut) empêche une comédie plus débridée, mais

On ne peut que louer la capacité de Pickford d’arriver à faire (sou)rire même dans les situations plus tragiques (4) ou tout du moins plus sérieuses.

 

Et au final, nous avons une nouvelle pépite pickfordienne, dont on ressort le sourire aux lèvres, ce qui ne se boude pas.

Et bien qu’on n’échappe pas au (court) discours engagé, comme c’est la belle Mary qui le prononce, on lui passe tout…

 

PS : Wallace Beery n’a ici qu’un rôle accessoire et peu influent sur l’intrigue : il annonce que le régiment va s’arrêter, puis va rester plus longtemps et enfin qu’il va repartir. Nous sommes bien loin de cet officier prussien ignoble qu’on avait trouvé chez Cecil B. DeMille.

 

  1. « Johanna s’engage ». Précisons qu’il s’agit d’un engagement plutôt moral.
  2. Elle demande un « beau » terme français qui signifie soupirant, prétendant ou encore fiancé.
  3. Les derniers intertitres précisent même qu’il s’agissait de la 143d Field Artillery dont Mary Pickford était la marraine de guerre.
  4. Il n’y a pas de quoi pleurer non plus.
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