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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jacques de Baroncelli
L'Ami Fritz (Jacques de Baroncelli, 1933)

Fritz Kobus (Lucien Dubosq), « l’ami Fritz » est un (encore) jeune Alsacien, bon vivant, un tantinet versé dans l’oisiveté (1), et surtout célibataire convaincu et acharné, président de l’Amicale d’iceux qui réunit les réfractaires au mariage de son village. Et ce malgré les tentatives répétées du rabbin Sichel (Charles Lamy) de le marier à quelque belle jeune femme.

Fêtant – avec un repas plantureux – l’arrivée des cigognes, il reçoit au nom des enfants de la commune quelques bouquets de fleurs. Parmi ces enfants, il en est une qui ne l’est plus beaucoup : la belle Suzel (Simone Bourday).
Visitant sa ferme, tenue par les parents de cette dernière, il remarque (enfin) la jeune fille, développant malgré lui un sentiment très nouveau et contraire à ses principes : il est amoureux.

 

Il s’agit ici d’une de ces comédies tournées entre les deux guerres mondiales, où l’insouciance est de mise, personnifiée par ce personnage truculent, où les différences ont toutes été gommées, et où l’entente générale est de mise : les Alsaciens décrits ici sont tous joviaux et bons vivants, s’entendant toujours et se réunissant devant un bon verre de vin (ou d’autre chose). La preuve : le rabbin Sichel est un des personnages majeurs de cette intrigue, pleinement accepté par cette communauté, malgré son judaïsme (2). C’est d’ailleurs cette dernière caractéristique qui donne tout son intérêt à ce film tourné à une époque où l’antisémitisme est en plein essor, dans la foulée aussi de l’accession au pouvoir d’un chancelier qui fait [fyrœr] (3) outre-Rhin.

 

Mais là s’arrête cet intérêt, tant le film est empesé, et ce malgré une plastique indéniable. Baroncelli a été plus inspiré dans sa direction d’acteurs. Mais sa grande erreur fut peut-être de choisir Lucien Dubosq, de la Comédie Française (4). C’est lui qui porte le film, et son élocution rappelle beaucoup trop celle de la scène, dénaturant son jeu : on n’évolue pas de la même façon devant une caméra que sur une scène de théâtre. Et c’est bien dommage parce que son jeu a tendance à contaminer ses partenaires, diminuant de fait la truculence de l’intrigue. On remarque le même jeu empesé des figurants en tenues traditionnelle qui effectuent les danses traditionnelles, sorte de cachet d’authenticité du film tourné sur place.

Seuls quelques interprètes s’en sortent et composent des personnages véritablement attachants : ce même rabbin Sichel et la servante Catherine (la plantureuse Madeleine Guitty).

 

Pour le reste, on notera le soin particulier pris pour les prises de vue et les différents mouvements de caméra (Baroncelli savait tout de même faire des films, ne l’oublions pas !), mais ça ne va pas plus loin.

Dommage.

 

  1. Il possède une ferme qui lui assure de confortables revenus.
  2. L’Alsace n’a pas toujours été une terre très accueillante pour les Juifs.
  3. Fureur ou/et Führer, comme vous voulez.
  4. Il en deviendra sociétaire quelques mois avant sa mort prématurée à 42 ans.
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