Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Guédiguian

Chez Guédiguian, il n’y a pas de super-héros. Que des êtres humains. Marius et Jeannette étaient humains, le promeneur du Champ de Mars aussi. Alors évidemment, dans ce film, il n’y a que des humains.

Et peut-il en être autrement ?

Peut-être, au regard de la situation. Pendant l’Occupation, peu étaient ceux qui résistaient. Mais qu’en plus, des gens d’origine étrangère se battent pour un pays qui « n’était pas le leur » relève d’un haut degré de sacrifice. Et puis les héros, ce sont ceux qui sont morts, les autres survivent.

Parce que là, les personnages que l’on suit vont mourir. On le sait avant le début du film, tout le monde a en mémoire l’Affiche rouge reproduite dans les manuels scolaires d’Histoire.

Alors nous allons suivre ce groupe de vingt-deux hommes et d’une femme pendant trois ans. Le temps qui a séparé le début de l’offensive allemande en Russie et leur arrestation.

D’ailleurs, le film commence au moment de leur arrestation, quand ils sont convoyés vers le siège des Brigades spéciales– la Préfecture de Police – pendant que leurs noms sont cités avec la mention « mort pour la France ». On pourrait aussi ajouter mort par la France, vu que c’est cette organisation de l’Etat français qui les a livrés aux allemands.

Nous suivons donc leurs vies, leurs amours, leurs occupations. En particulier Missak Manouchian (Simon Abkarian) et Marcel Rayman (Sagamore Stévenin). Si Rayman était très jeune (18 ans au début du film), intrépide et tête brûlée, il n’en va pas de même pour Manouchian. Avant toute chose, il était poète et répugnait à prendre la vie d’autrui. Cette « éthique » sera balayée à la première action. Après, c’est bien connu, c’est plus facile.

Alors on suit – admiratifs, tout de même – ces vies brèves dont le destin était tracé.

Je ne m’étendrai pas sur les critiques historiques que le film a soulevées. Ca n’est pas mon propos. Il s’agit d’une histoire vraie, certes, mais c’est avant tout un film. Et le message est clair : ces gens-là se sont battus pour le pays qui les a accueillis, malgré l’hostilité des dirigeants de ce même pays.

Soixante-douze ans après leur exécution, ces hommes et cette femme sont toujours d’actualité. Si on étudie la liste des vingt-trois, que constate-t-on ? Seuls trois d’entre eux peuvent dire qu'ils sont « français . Les autres ? Ce sont des étrangers. Des gens qui ont fui leur pays pour différentes raisons, mais essentiellement pour échapper aux fascistes.

C’étaient des « migrants », quoi.

Pas mal, pour des migrants, non ?

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog