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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edouard Molinaro, #Francis Veber, #Comédie
L'Emmerdeur (Edouard Molinaro, 1973)

Emmerdeur : n.m. personne particulièrement embêtante, soit ennuyeuse, soit agaçante et tatillonne.

Il est clair que monsieur François Pignon (Jacques Brel) correspond exactement à cette définition du Petit Robert. Il s’agit d’un prototype, voire d’un étalon dans le domaine, pour le plus grand malheur de monsieur Milan (Lino Ventura), tueur à gages, en mission à Montpellier.

Il faut dire que pendant que Milan prépare un assassinat dans une chambre d’hôtel, Pignon a décidé de se suicider dans celle d’à côté, amenant alors une relation involontaire autant qu’inopportune (pour Milan), ce dépressif aux tendances suicidaires étant un « drôle de paquet ».

 

Avec L’Emmerdeur, Francis Veber, qui n’est que scénariste et dialoguiste, non seulement adapte sa pièce (Le Contrat), mais en plus jette les bases de la structure qui va faire le succès de ses films à venir : un duo mal apparié. Certes, dans La Valise – sorti cette même année – on trouvait déjà un duo improbable, mais avec l’Emmerdeur, c’est tout le comique de Veber qui s’exprime, Molinaro n’étant là que pour mettre en image et donner un décor à ce qui n’est malgré tout qu’une pièce filmée.

 

Cette association terrible est renforcée par deux acteurs aux antipodes l’un de l’autre (1), ce qui ne les empêche pas de former un duo magnifique tout en contraste : Milan est un tueur froid et méthodique au sourire (très) rare ; Pignon est foncièrement humain, avec ses qualités, mais surtout ses défauts flagrants, source du comique.

Et cette association fonctionne magnifiquement, malgré les invraisemblances, puisque de toute façon, l’intérêt réside uniquement dans la rencontre qui va devenir malgré tout un affrontement jusqu’au dénouement final, point culminant des emmerdements de Milan.

 

Il est clair que cet emmerdeur si humain est avant tout un fléau qu’on attrape comme on attrapait autrefois la peste et s’en débarrasser n’en est pas moins facile, voire quasiment impossible.

Bien sûr Brel est magnifique, dans ce rôle de paumé des plus communs : on en arrive même à se demander comment il a pu séduire sa femme (la belle Caroline Cellier). Il est un véritable crampon dont Milan/Ventura ne pourra à aucun moment se défaire, amenant en même temps sa perte. Cette perte est bien sûr inévitable : Milan est avant tout un tueur, rôle que Ventura interprète tout naturellement (2), avec sa retenue habituelle, et des regards qui font mouche, évitant d’inutiles bavardages.

 

Et au final, un film qui n’a rien perdu de sa force comique, plus de 45 ans après sa sortie, amenant même Veber à en faire un remake en 2008, avec Berry et Timsit en lieu et place de Ventura et Brel (3).

 

  1. Ce n’est pas leur première collaboration.
  2. Comme ses autres rôles : Ventura devait croire au personnage qu’il interprétait.
  3. Mais ceci est une autre histoire, comme vous vous en doutez…
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