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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Philippe de Broca
L'Incorrigible (Philippe de Broca, 1975)

Victor Vauthier (Jean-Paul Belmondo) sort de prison où il a purgé une peine pour escroquerie.

A peine sorti, il reprend ses activités illégales où le baratin va de pair avec le travestissement. Mais l’Administration veille et lui envoie une éducatrice, la jeune Marie-Charlotte Pontalec (Geneviève Bujold), censée veiller sur les agissements de cet homme bien singulier. Mais ça ne rate pas : elle tombe vite sous le charme de ce beau parleur aux anecdotes rigoureusement fausses mais tellement formidables.

 

Avant-dernier film qui voit le duo Belmondo-Broca (1), c’est peut-être le moins abouti des réalisations du deuxième avec le premier. En effet, si on retrouve l’aspect bondissant qui caractérise cette association, la teinte citadine de l’intrigue bride les envolées spectaculaires auxquelles nous avait habituées le duo. A défaut de sauter partout, le personnage de Belmondo s’envole avec des mots, soutenus par des déguisements plus ou moins grotesques, avec mimiques adéquates. Le tout servi par des dialogues d’Audiard qui, s’ils ne sont pas tous restés dans les annales, valent tout de même parfois le détour.

 

Certes, ce film est du sur mesure pour Belmondo qui s’en donne à cœur joie dans ce rôle de petit escroc inventif, mais l’accumulation de ses personnages et sa logorrhée ont une certaine tendance à nous étourdir, réduisant la prestation de l’acteur à « faire du Belmondo ». Et en même temps, ça lasse !

Mais de Broca s’en tire tout de même grâce à l’apparition de ce personnage qui participe au titre du film : Marie-Charlotte. Son rôle est d’amener son « client » à la réforme et devenir honnête. Mais comme annoncé dans le premier paragraphe, elle tombe sous le charme et ne peut plus réellement parvenir à son but initial. Victor Vauthier ne peut pas être réformé et restera un (gentil) escroc : incorrigible.

 

Mais c’est aussi cette femme qui va amener une pause dans les entreprises malhonnêtes de VV, avec en point d’orgue la soirée au musée de Senlis avec les Romanichels. Mais cette soirée est aussi le déclencheur d’une deuxième partie avec vol de triptyque élaborée par « l’oncle » Camille (Julien Guiomar), en vue de sauver le Mont-Saint-Michel de l’avancée du sable dans la baie (2).

A nouveau, l’intrigue s’emballera avec un duo improbable de braqueurs – Camille et Raoul (Charles Gérard) pendant que VV portera le coup de grâce à Marie-Charlotte (2).

 

Alors oui, le film est amusant et Belmondo en fait des tonnes. Mais c’est aussi cette accumulation belmondienne qui a tendance à saper le film. On regrette que cette histoire de truand sympathique reste dans le cadre de la ville : ça manque d’air, surtout pour un personnage comme VV qui a toujours besoin de plus d’espace pour s’exprimer (4).

Cet enfermement de son personnage principal chez de Broca avait commencé avec Le Magnifique mais l’écriture le sauvait puisqu’elle permettait de s’évader du milieu urbain étouffant. Ici, il faut attendre la dernière séquence, au pied du Mont-Saint-Michel, pour enfin voir un lieu aéré.

Mais il ne s’y passe (presque) rien…

 

  1. Il faudra attendre 25 ans pour les revoir tourner ensemble.
  2. Comme quoi il existe des truands motivés par de hauts intérêts.
  3. Ou essaiera tout du moins…
  4. Rien que pour ses gestes !
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