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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marc Caro, #Jean-Pierre Jeunet

Quatre ans après, on prend (presque) les mêmes, et on recommence… Autre chose !

Caro et Jeunet sont toujours là, à la même place : l’un directeur artistique et l’autre metteur en scène. Dominique Pinon, Jean-Claude Dreyfus, Rufus, Ticky Holgado, Jacques Mathou et Dominique Bettenfeld sont aussi là, et bien là. Surtout Dominique Pinon, d’ailleurs.

Cette fois-ci, pas de décor post apocalyptique. Un port. Dans une cité où le soleil ne se lève jamais. Au large, une autre cité, une sorte de plateforme pétrolière surmontée de dômes.

Dans cette cité de fer, tout droit sortie de l’univers « steampunk », Krank (Daniel Emilfork, extraordinaire). En Allemand, Krank signifie malade. Et c’est ce qu’il est : un malade. Grand, chauve, cadavérique, à la diction particulière, il n’arrive pas à rêver. Alors, il fait enlever des enfants et s’introduit dans leurs rêves. Mais à chaque fois, il les pervertit et les transforme en cauchemar.

Autour de lui, d’autres sujets de laboratoire : Marthe (Mireille Mossé, étonnante, dans tous les sens du terme), une naine ; Irvin (voix de Jean-Louis Trintignant), un cerveau qui baigne dans un liquide amniotique et qui possède quelques fonctions sensorielles (vue, ouïe, douleur) ; et six fois Dominique Pinon, des clones !

L’autre pointure, après Emilfork, c’est Ron Perlman. Pour une fois (la seule !), à l’instar de Pinon dans Delicatessen, il a le rôle du jeune premier !

Parce que là encore, Caro et Jeunet ont réussi à utiliser un acteur à contre emploi. Ron Perlman – qu’on avait pu voir dans La Guerre du feu (il faisait un homme préhistorique !) puis dans le Nom de la Rose (il était Salvatore, un simple d’esprit difforme et bossu) – joue le rôle de One, un hercule de foire à la recherche de son « petit frère ». Il va rencontrer la (très) jeune Miette (Judith Vittet), et entre eux va se nouer une amitié un peu amoureuse très subtile, One malgré son allure de colosse, étant d’une délicatesse rare.

Comme dans Delicatessen, nous sommes dans un espace atemporel. Ce n’est d’ailleurs pas le plus important. Ce qui importe, c’est le décor. Ici, il est magnifique, rappelant en outre la vétusté de leur film précédent. Et puis la façon de filmer est la même : gros plans un tantinet déformés, attention particulière aux objets et autres détails, et scène de rêve distordue.

Alors que dans Delicatessen, le rêve n’était qu’une anecdote, ici, il est primordial.

Après l’avortement du tout premier au début du film, nous assistons à une plus longue séquence onirique vers la fin. En plus, elle est chargée d’une certaine émotion pendant l’évolution des personnages.

P. S. : Avec en prime, un hommage à Freaks de Tod Browning.

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