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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Julien Duvivier, #Drame

Bienvenue à l'Abbaye de Saint Jean la Rivière : son soleil, sa rivière, et bien entendu, sa maison de retraite pour comédiens.

Dans cet hospice particulier, les vieilles gloires rêvent de leur succès en s'endormant, et attendent la mort en ressassant mutuellement leurs triomphes.

Sauf Cabrissade (Michel Simon). Parce que Cabrissade ne veut pas vieillir. Alors il se comporte comme un galopin. Il taquine les autres pensionnaires et leur homme à tout faire, mais reste malgré tout bon enfant.

Bref, tout se passe bien, jusqu'au jour où...

Jusqu'au jour arrive Raphaël Saint-Clair (Louis Jouvet), vieille gloire du théâtre de boulevard, séducteur patenté et irrésistible.

Les vieilles comédiennes se trémoussent, arrangent sa chambre avant qu'il arrive... C'est une bouffée de leur jeunesse qui arrive !

Du côté des hommes, peu de réaction, hormis Cabrissade, bien sûr, ainsi que la froideur de Marny (Victor Francen). Il faut dire que la femme de Marny s'est sauvée avec le Dom Juan, alors ça laisse des traces.

Et il est toujours irrésistible : il reçoit tous les jours des lettres parfumées d'admiratrices, et Jeannette (Madeleine Ozeray) la jeune serveuse du café tombe sous son charme. Comme disait Antoine Delafoy : il ne séduit pas, il envoute !

Mais la maison de retraite est menacée de fermeture...

Julien Duvivier signe ici un très beau film sur la vieillesse. En 1938 (date de référence du film maintes fois énoncée), ce n'était pas un sujet très habituel pour le cinéma. Certes, il y a des jeunes gens, mais ils sont peu nombreux et très secondaires.

Alors nous suivons ces vieux comédiens qui attendent plus ou moins patiemment la mort dans une retraite dorée.

C'est bien sûr Michel Simon qui éclate, dans ce film. Cabrissade, doublure des plus grands (qui n'étaient jamais malades !), raconte ses succès qu'il n'a jamais vécus, sur des scènes qu'il n'a jamais fréquentés. Un acteur raté en quelque sorte. Michel Simon (43 ans à l'époque du tournage) est un vieux cabot formidable.

Bien entendu, Victor Francen est comme son personnage : froid, emprunté. Mais comment faire autrement face à un tel monstre ! Le seul qui lui tient la dragée haute, c'est Jouvet. Eternel casanova, il a tellement connu de femmes qu'il ne sait plus était qui, et finalement vit dans ses souvenirs, même quand il séduit Jeannette.

Mais que de mélancolie dans ce film, et que d'émotion. Toutes ces vieilles personnes savent que c'est leur dernière demeure avant la tombe, mais malgré tout, la vie se prolonge. Duvivier brosse un tableau de maison de retraite sans tomber dans la description de la décrépitude, mais avec toutefois quelques touches tragiques de cet état dégénérescent. La première soirée de Saint-Clair à l'hospice, quand une vieille chante le Temps des cerises est un moment fort de cette chronique crépusculaire.

Et puis Cabrissade a enfin la chance de sa vie : il remplace Marny dans l'Aiglon...

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