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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean-Pierre Mocky
La grande Frousse (Jean-Pierre Mocky, 1964)

Aussi appelé La Cité de l’indicible peur (tiré du roman éponyme de Jean Ray), le film raconte les aventures singulières de l’inspecteur Triquet (Bourvil), as malgré lui de la police judiciaire française. Envoyé en province pour mettre la main sur un faux-monnayeur – Mickey dit « Le Bénédictin » (Joe Davray) – Triquet va résoudre moult enquêtes plus ou moins délicates par hasard et même à sa plus grande tristesse.

 

Tourné à la suite du Drôle de Paroissien, Mocky reprend une grande partie de ses interprètes pour une nouvelle comédie un tantinet foutraque, où la partie policière n’est qu’un prétexte pour s’amuser des travers d’une petite ville tranquille. Et comme toujours chez Mocky, les personnages sont beaucoup plus intéressants que l’intrigue.

A tout seigneur, tout honneur, Triquet est un archétype : policier (mal)chanceux qui est toujours au mauvais endroit au mauvais moment –  à son avis – il apparaît à tolus comme un policier d’exception : « un homme » comme le qualifie le docteur Clabert (Victor Francen), praticien et alcoolique notoire, pour qui chaque mort est « naturelle » (1). Triquet est un policier hors norme et ses collègues parisiens ne s’y trompent pas : cantonné à des tâches subalternes et inutiles, c’est contraints qu’ils s’adressent à lui pour une démarche officielle. Sa parenté avec le chef de police (Fred Pasquali) est aussi un atout pour son maintien dans cette institution.

 

Et encore une fois, c’est le microcosme dans lequel évolue ce farfelu qui retient toute notre attention : du boucher (René-Louis Lafforgue, qui interprète aussi la chanson du film vantant les exploits de Triquet) au maire toujours souriant (Raymond Rouleau), en passant par la secrétaire de mairie Livina (Véronique Norday, qui deviendra bientôt madame Mocky), sans oublier le jardinier (Jacques Dufilho) ou encore le névrosé Franqui (Francis Blanche), tous s’amusent dans ce grand n’importe quoi. Avec en prime Jean-Claude Rémoleux, sous un imperméable transparent : sa présence n’a d’égale que sa diction. Et comme le disait Mocky lui-même, ce n’était pas un acteur. Et il n’était pas le seul, si on en juge les intonations de certains interprètes, à commencer par Joe Davray, qui était très certainement un meilleur cascadeur.

 

Deuxième des quatre films tourné avec Bourvil, il ne possède pas la même force corrosive des deux films qui l’entourent – Un drôle de Paroissien et La grande Lessive – voire la même rigueur (3), mais heureusement, l’interprétation sauve le tout, avec en prime des têtes connues dans de (tout) petits rôles, la musique allègre de Gérard Calvi, et des dialogues savoureux de Raymond Queneau (excusez du peu).

Bien entendu, ce n’est pas avec ce film qu’il faut entrer dans l’univers de Mocky.

 

Après si on a du mal avec son cinéma, il vaut mieux passer son chemin…

 

PS : Echec commercial, il fut « redécouvert » en 1972 en utilisant un nouveau titre (celui du roman), profitant encore des retombées de la disparition de Bourvil deux ans plus tôt.

 

  1. Le film sort un mois (environ) après la mort de l’écrivain.
  2. Mourir après avoir pris une balle dans le cœur est tout « naturel » : on en réchappe rarement…
  3. Peut-on parler de « rigueur » chez Mocky ? Oui. Quand même…
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