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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Animation, #Segundo de Chomòn
La Maison ensorcelée (Segundo de Chomòn, 1906)

Un trio – une femme et deux hommes sont surpris par l’orage. Ils se réfugient dans une maison abandonnée qui va s’animer dès leur approche : chaises qui disparaissent quand on veut s’asseoir dessus, table qui se dresse seule et repas qui se sert sans aucune aide… Sans oublier un tableau qui s’anime et fait apparaître un personnage aussi étonnant qu’inquiétant…

 

Même s’il s’agit de l’une des premières réalisations comportant une maison hantée, le domaine reste la comédie. Il n’y a rien de bien sérieux dans ce petit film (en durée), et ses personnages, s’ils sont embêtés par les différentes actions autonomes de la maison, ne manifestent aucune peur.

De plus, tous les trois sont grimés d’une façon qui rappelle plus le maquillage des clowns qu’autre chose. Et bien sûr, les différentes péripéties qui surviennent prêtent plus à rire qu’à autre chose. Seule la figure qui apparaît dans le tableau semble inquiétante, mais rattachée à l’ensemble, c’est son aspect qui retient l’attention plus qu’autre chose.

 

Le véritable intérêt du film, c’est avant tout le travail en image par image : l’apparentement avec Méliès est flagrant (la société qui produit ce film, Pathé Frères, voulait d’ailleurs faire concurrence au grand Georges) dans l’utilisation des trucages et surimpressions, mais ce qui frappe le plus ici, c’est donc l’utilisation de ce procédé « stop animation » (1). La préparation du repas est un modèle du genre, qui voit le couteau découper saucisson et pain, la serviette se dépliant pour l’essuyer et enlever les miettes. Sans oublier une pointe humoristique avec la rondelle qui ne veut pas rentrer dans le rang.

 

De plus, les différents effets « spéciaux » sont réalisés avec beaucoup de soin : les habits qui se lèvent et prennent vie sont impressionnant, tout comme (dans une moindre mesure) la valise qui « se fait la malle » (2) dès l’entrée des personnages dans la maison. C’est limpide, les artifices utilisés n’apparaissant pas.

Et surtout, Segundo de Chomòn (3) pose les bases du cinéma d’animation européen avec cette histoire de maison hantée qu’il reprendra dans d’autres films.

 

Encore une de ces pépites que renferme le cinéma des origines, et un autre réalisateur aujourd’hui malheureusement oublié, à faire découvrir de toute urgence !

 

  1. [stopænɪmeɪʃən] Procédé image par image qu’on appelait alors (1906) procédé américain…
  2. Je sais, elle est facile, mais il était difficile de passer à côté…
  3. De son nom complet Segundo Víctor Aurelio Chomón y Ruiz (1871-1929)

 

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