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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marcel Carné, #Jean Gabin
La Marie du Port (Marcel Carné, 1950)

La Marie, c’est Nicole Courcel. Et le Port, c’est Port-en-Bessin, petite commune du Calvados.

Et le Calvados, c’est ce qu’ingurgite à longueur de journée le père Viaud (Julien Carette), un marin qui est obligé de vendre son bateau pour survivre (et aussi pour se payer sa ration quotidienne).

Et l’acheteur, c’est Henri Châtenard (Jean Gabin), le beau Châtenard avec ses cheveux blancs. Et monsieur Henri vit avec Odile (Blanchette Brunoy), la sœur aînée de Marie.

 

Carné, Gabin, Kosma, Trauner… Il ne manque que Prévert. Quoi que…

Ce dernier étant en convalescence et pensionné pour cela, il ne devait pas trop montrer qu’il travaillait en plus… [Ah ces fraudeurs de l’assurance maladie…]

Parce que malgré la présence au générique de Georges Ribemont-Dessaignes (ami de Prévert, comme par hasard…), on sent la patte du grand poète : des enfants qui s’aiment, des ritournelles répétées par Gabin sur « la belle amour »…

 

Mais le temps a passé depuis Le Jour se lève : Gabin a vieilli (ses cheveux blancs sont un souvenir de guerre), et les gens ne veulent peut-être plus d’une intrigue pessimiste… Parce que depuis son dernier film (achevé) – Les Portes de la nuit – la Guerre est belle et bien finie, et les gens veulent se distraire avec des choses plus légères : la méprise du public à propos de L’Idiot de Georges Lampin (1946), qui pensait y voir un film comique…

 

Malgré tout, ce film se fait l’écho des chefs-d’œuvre passés : Marie et Marcel (Claude Romain) nous renvoient à Renée et Pierre (Hôtel du Nord) ;Châtenard et Odile à Frédérick et Garance (Les Enfants du paradis) ; et Cherbourg, ce n’est pas si loin que ça du Havre (Le Quai des Brumes)…

 

Et puis là encore, on parle des amours passées, ou qui s’enfuient, ou qui sont terminées. Odile et Henri sont à la fin de leur aventure. Dès la première séquence, on sait que c’est presque fini : « T’es marrante, chuis pas dans l’coup, moi… » répond Châtenard quand elle lui reproche de ne pas être en noir. Oui, il n’est plus dans le coup. Elle non plus, d’ailleurs. Elle était partie pour Paris et s’était arrêtée à Cherbourg, chez lui. Mais maintenant, elle songe à nouveau à s’en aller.

 

Les jeunes gens non plus ne s’aiment plus. Il suffit d’un accident et tout change, comme dans Hôtel du Nord. Chacun part de son côté (comme les oncles de Marie après l’enterrement), chacun suit sa nouvelle vie: « C’est le grand amour, la belle amour… »

 

Même Gabin ne s’emporte plus. Son personnage se rit de tout : de l’amour, des coucheries… Mais pas de Marie. Ou plutôt il commence par en rire, et il se laisse avoir : elle est jeune, elle est belle, elle est déterminée. C’est un peu de jeunesse qui revient dans sa vie. Parce qu’il ne se fait pas d’illusion, il a vieilli. Et cette idylle avec une jeunette va sûrement faire jaser… Mais au diable les mauvaises langues. Il croquera le fruit défendu, il transgressera le tabou de la différence d’âges.

D’où, peut-être, les extraits de Tabu, de l’immense Murnau.

 

 

PS : Et puis tous ces visages et ces noms du cinéma français, plus ou moins oubliés : Julien Carette, Jane Marken, Robert Vattier, Odette Laure, René Blancard…

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