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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Etienne Chatiliez
La Vie est un long fleuve tranquille (Etienne CHatiliez, 1988)

Deux familles.

 

D’un côté, les Le Quesnoy : famille bourgeoise à tendance aristocratique, avec enfants inscrits à l’école privée et vacances organisées par le diocèse pour ces derniers. Madame (Hélène Vincent) au foyer à veiller au bon fonctionnement de la maison et Monsieur (André Wilms) directeur chez EDF. Bref, des gens de la haute. Parmi les enfants, Bernadette (Valérie Lalande), qui est née un 25 décembre.

 

De l’autre, les Groseille : famille « tuyau-de-poêle », avec enfants peu voire pas du tout éduqués tendant vers la délinquance juvénile, parents absents dans l’éducation mais toujours à la « maison » (un appartement à la décoration qui a tendance à piquer les yeux).

Bref, à l’autre bout de l’échelle sociale. Parmi les enfants, Maurice dit Momo (Benoît Magimel), né lui aussi un 25 décembre, de la même année que Bernadette.

 

Ces deux enfants que tout sépare ont un point commun : ils ont été inversé à la naissance par une infirmière (Catherine Hiegel), lassée des promesses évasives de son amant (Daniel Gélin) – gynécologue à la même clinique – qui a donc décidé d’échanger les deux bébés à la naissance.

Et quand la vérité éclate : c’est là que le film commence vraiment.

 

Pour son premier long métrage, Etienne Chatiliez frappe fort : c’est un succès incroyable, basé sur la comparaison entre ces deux familles que rien ne relie, si ce n’est cet échange. Nous avons là deux familles totalement opposées, chacune étant le négatif de l’autre.

Chatiliez s’amuse, et le public aussi, de cette relation improbable mais qui s’impose, surtout aux Le Quesnoy.

Si les Groseille sont insupportable de vulgarité, les Le Quesnoy ne sont pas spécialement mieux : leur côté propres sur eux et culs-bénis devient rapidement pénible, mais surtout une source de comique.

 

Mais si ces deux familles font rire, c’est avant tout parce qu’delle représente une réalité.

Chacun de nous connaît une famille Groseille, et des Le Quesnoy, pas besoin de chercher ailleurs la source comique du film.

Certes ces familles sont caricaturées à l’extrême, mais c’est la condition indispensable de cette comédie un tantinet irrévérencieuse : elle fonctionne surtout grâce au jeu des acteurs, tous impeccables, Hélène Vincent en tête. Et on peut dire que la distribution fut très pertinente quand on voit l’implication de chacun.

Avec en prime un Patrick Bouchitey formidable en père Aubergé, véritable bête de scène pour patronage (1).

 

Trente ans après, le film n’a pas pris une ride. Parce que si la société a évolué (2), le clivage  social par contre, s’est renforcé (3).

Et je conclurai sur une note un tout petit peu optimiste : qu’ils soient de la haute ou de la plèbe, les enfants restent des enfants, avec des besoins et des envies similaires, et qu’ils soient gosses de riches ou non, la seule différence se situe dans la tête de leurs parents (4)…

 

P.S. : un bémol quand même, quand le générique final se déroule, Chatiliez nous laisse un peu sur notre faim (fin)…

 

 

  1. Son tube Jésus revient ne fut pas toujours bien accepté, surtout d’une certaine frange de la population… Ceux qui, chose étonnante, ressemblent beaucoup aux Le Quesnoy…
  2. Dans quel sens, c’est une autre affaire…
  3. Mais nous ne sommes pas ici pour discuter sociologie…
  4. Tiens, finalement, si…
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