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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marion Gering, #Prison

Un film de femmes.

Un monde de femmes.

Un réalisateur.

Kathleen Storm est vendeuse chez une fleuriste. Elle rencontre Standish Mc Neill qui revient du désert. C'est l'amour naissant.

Le problème, c'est Kid Athens. Il est amoureux de Kathleen. Alors quand l'occasion se présente, il fait accuser de meurtre - à sa place - les deux tourtereaux.

Les voilà tous les deux condamnés : à la prison pour elle, à mort pour lui.

Mais nous sommes dans une société corrompue et les efforts de Kathleen et Standish ne sont pas récompensés de la sentence est maintenue malgré l'appel intenté.

Le film va nous montrer les efforts de Kathleen pour faire éclater la vérité.

Mais c'est la vie du pénitencier qui prend le plus de place. On y voit les conditions de vie (aseptisées, malgré tout) des femmes.

On peut considérer ce film comme le pendant de celui de Hawks Le Code criminel (The criminal Code, 1931) qui sortit un an avant quasiment jour pour jour.

Marion Gering - soviétique qui a débarqué aux Etats Unis dans un cadre commercial - a été repéré par la Paramount en 1931 après avoir dirigé une troupe théâtrale à Chicago.

Ce film est le premier de sept films dont Sylvia Sidney fut la vedette. Et quelle actrice. très convaincante, elle porte le film de bout en bout. C'est une femme américaine des années 30. Tout comme les rôles joués par Bette Davis, elle s'assume et ne se laisse pas faire.

Elle tient tête à Kid Athens malgré sa peur, et sait réfréner les ardeurs de McNeil lors de leur première rencontre. Mais surtout, elle sait s'imposer en prison malgré l'hostilité des autres détenues, et en particulier Susie Thompson.

Susie a été délaissée par Kid Athens quand il a rencontré Kathleen. Alors elle lui en veut.

Il y a aussi Ivory, une forte détenue noire qui prend Kathleen sous son aile, et s'occupe de la musique. On voit aussi la Comtesse, qui a un maintien et un parlé décalé par rapport aux autres filles. Et puis Maria. Elle est mexicaine et attend un enfant, mais elle ne veut pas qu'il naisse en prison. C'est avec elle que Kathleen va tenter de s'évader. Enfin, il y a Millie, la balance (Hilda Vaughn, admirable).

Et Gering nous montre quelques aspects de la vie pénitentiaire : l'atelier de couture où travaille Susie ; le labeur épuisant dans des conditions rudes : il s'agit d'un atelier de blanchisserie, un véritable sweat shop. On y voit les détenues en récréation dans une salle commune : certaines jouent au carte, d'autres écoutent Ivory au piano, Maria prie. Et puis la séance de cinéma accompagnée par les musiciennes d'Ivory. Et bien entendu : l'évasion. Un temps fort du film qui ne prend toute sa dimension que dans les conséquences qu'elle amènera : L'enfant de Maria ne naîtra pas en prison, et Kathleen se sauvera.

Le parallèle avec le film de Hawks ne s'arrête pas au thème pénitentiaire : le directeur de la prison joue un rôle central dans le destin de Kathleen et Standish, aidé par les révélations de Susie !

Bien entendu, le propos du film selon lequel une partie de la Justice est corrompue et des magistrats sont achetés par des truands a aussi aidé à l'établissement du Code Hays quelques années plus tard.

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