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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Frank Borzage
Notre Héros (Lazybones - Frank Borzage, 1925)

Steve Tuttle (Buck Jones) est un paresseux (titre original). Il passe son temps allongé, les pieds au mur, pendant que rien ne se fait. Pourtant, la belle Agnes Fanning (Jane Novak) lui trouve énormément de charme, et si ce n’était sa mère (Emily Fitzroy), il y a longtemps qu’elle l’aurait épousé.

Mais voilà : il y a la mère Fanning. C’est une mégère à voilette qui ne voit pas d’un très bon œil ce bon à rien de Tuttle. Pire. Elle a une autre fille plus âgée, Ruth (Zasu Pitts), qu’elle veut marier au jeune Elmer Ballister (William Bailey) qui a réussi (normal, il travaille).

Seulement voilà, Ruth a déjà été mariée et en a même eu un enfant. Malheureusement, le mari est mort en mer. Alors ce nouveau mariage, avec un enfant déjà là, ce n’est pas bien possible. Alors qu’elle tente de se tuer, elle est sauvée par « notre héros » (Steve), qui veut bien s’occuper de l’enfant en attendant que la mégère soit prête à entendre la vérité.

Autant dire jamais.

 

C’est une intrigue un tantinet complexe qui est sortie de la plume de la grande Frances Marion – tout du moins à raconter – pour un film qui se présente de prime abord comme une comédie : Steve «  Lazybones » ne bouge tellement pas que les araignées ont le temps de tisser leur toile entre le mur et ses pieds !

Mais cette comédie n’est qu’apparente, le cœur du problème – la présence de la jeune Kit, la fille de Ruth Fanning – fait basculer l’intrigue et le film dans le drame. Et ce malgré quelques retours constants du comique dont la guerre de Steve (1917-18).

 

Encore une fois, nous retrouvons une intrigue familiale (comme souvent chez Borzage), et un héros solitaire – malgré la présence de sa mère (Edythe Chapman) – du fait ici de sa paresse notoire. Et cette intrigue, sur certains aspects annonce un grand film : L’Heure suprême. On y retrouve la guerre et le personnage sadique – Nana dans le film ultérieur – en la personne de Mrs. Fanning qui n’hésite pas à tâter du fouet les épaules de sa fille pour la faire taire et cacher la présence de l’enfant. Et la petite Kit (Madge Bellamy quand elle est grande), à l’instar de Diane (Janet Gaynor) chez Chico (Charles Farrell), se retrouve en sécurité chez Steve, loin de cette femme violente qui régente sa mère.

 

Mais là s’arrête le parallèle, et surtout les limites de l’intrigue. En effet, Borzage – par l’entremise de Marion – ne va pas jusqu’au bout de cette intrigue, oscillant constamment entre comédie et tragédie (avec une préférence pour cette dernière) sans aller franchement dans aucune des deux. Avec pour résultat un film malheureusement un peu bancale, heureusement filmé avec maîtrise par Glen McWilliams et Frank Schneiderman, alternant caméra fixe et mobile, dans des travellings qui soutiennent la tension du film.

 

Et cette incertitude entre la comédie et la tragédie va durer jusqu’au bout, donnant, au final, un film au goût d’inachevé, faute d’avoir pu se résigner à choisir un camp. Avec une conclusion en queue de poisson, et pas seulement par ce qu’on y voit (1). Sans oublier la sous-intrigue concernant Agnes et Steve qui n’a pas de véritable résolution.

Et c’est bien dommage parce que l’interprétation est solide : de Buck Jones à Madge Bellamy, en passant de Zasu Pitts et Emily Fitzroy, chacun interprète son personnage avec conviction, jusqu’à Edythe Chapman, en vieille mère de Steve qui excuse tout de son petit.

Oui, dommage.

 

(1) C’est plus compréhensible quand on l’a vu…

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