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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Henri Verneuil
Le Casse (Henri Verneuil, 1971)

Le casse, c’est celui de la villa de Tasco (Jose Luis de Vilallonga). Quatre individus pénètrent (sans effraction), ouvrent le coffre et repartent avec un attaché-case rempli d’émeraudes.

Ensuite, il suffit de prendre le bateau qui attend au port (Le Pirée) et le tour est joué. Seulement voilà, le bateau connaît des avaries et notre quatuor se retrouve bloqué à Athènes, avec un policier opiniâtre (Omar Sharif) à ses trousses.

Azad (Jean-Paul Belmondo) doit donc temporiser. Et aussi prendre des risques. Mais à aucun prix, il n’est question de céder le butin à ce policier ambigu qui se retrouve gagnant quoi qu’il arrive : soit il récupère les diamants pour lui, soit il met la main sur le voleur. Il est moins riche, mais il en ressort grandi.

Bien entendu, c’est le voleur qui l’emporte et l’infâme policier – un tantinet corrompu, comme ça on n’a pas de remords de le voir perdre la partie – est le vaincu, seule hypothèse qu’il n’avait pas envisagée.

Entre le casse à proprement parler et la fin heureuse, des péripéties belmondiennes qui augurent d’une décennie riche en rebondissements cinématographiques pour l’acteur qui abandonne définitivement le cinéma d’auteur pour entrer dans une période commerciale, avec ses bons et ses mauvais côtés…

 

Il y a chez Verneuil une fascination pour le cinéma américain, et en particulier les gangsters de tout poil, comme on a pu le voir précédemment dans le très beau Mélodie en Sous-sol. Mais ici, si certains codes sont encore en vigueur, il s’agit avant tout de mettre Belmondo en vedette, entouré de quelques noms prestigieux (Omar Sharif n’est pas le premier venu !) et des séquences toujours plus spectaculaires effectuées plus ou moins totalement par la vedette. On notera deux grands moments de bravoure : une poursuite en voiture dans les rues d’Athènes avec descente d’escaliers comprise, et une autre où Bébel se retrouve accroché à un trolley en mouvement avant de se hisser sur un bus tout aussi mobile.

Bref, c’est spectaculaire et on en a pour son argent.

 

Encore que. Si la poursuite en voiture est impressionnante, elle ne l’est certainement pas autant que celle de « Popeye » Doyle dans The French Connection qui sort trois semaines plus tôt (aux Etats-Unis, et trois mois plus tard en France), et elle est surtout un brin longuette (1), n’amenant pas vraiment de coup d’éclat : elle se termine par un contrôle de routine plutôt badin. On a connu Rémi Julienne plus en forme.

Et d’une manière générale, le film manque d’envergure. Les rares moments de tension sont perdus dans certaines séquences pas franchement utiles : on notera l’aspect racoleur de la boîte de strip-tease (2) ou encore la bagarre – inutile – avec le play-boy qui courtise Hélène (Nicole Calfan), la petite amie d’Azad.

 

Et ce manque d’envergure ne résiste pas au temps, chaque scène devenant de plus en plus marquée à mesure que les années s’enchaînent. Outre les coiffures et les voitures, c’est la technologie qui souffre : la mallette sophistiquée qui permet – magnifiquement – d’ouvrir le coffre-fort nous paraît aujourd’hui bien obsolète. Alors que l’année passée, Melville réussissait un autre casse autrement plus impressionnant (Le Cercle rouge) sans pour autant le faire souffrir des outrages du temps : le coup de feu d’Yves Montand pour neutraliser le système d’alarme est tout aussi efficace et peut-être même plus spectaculaire.

 

Alors que retenir ? Un Belmondo en pleine forme qui s’apprête à conquérir la décennie et va s’enfoncer progressivement dans des films toujours plus spectaculaires mais – contrepartie oblige – avec des personnages de moins en moins épais.

Des navets, quoi (3)…

 

  1. Sans parler des raccords qui ne dissimulent pas l’usage de plusieurs véhicules…
  2. Le cinéma pornographique débarquait en France mais Verneuil joue plus sur la suggestion, aidé par les mimiques de son acteur vedette.
  3. Pas tous, certes, mais je pourrai en citer quelques uns !
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