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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Gangsters, #Jean-Pierre Melville
Le Cercle rouge (Jean-Pierre Melville, 1970)

Le « cercle rouge », c’est là où doivent se rencontrer des hommes (1) marqués par le destin : quoi qu’ils fassent, ils se retrouveront dedans inéluctablement (2).

Bien sûr, ils s’y retrouveront, et presque tous vont y mourir. Tu parles d’une prémonition.

Corey (Alain Delon sort de la prison de Marseille. Dans sa remontée vers Paris, il accueille malgré lui un passager clandestin dans sa voiture : Vogel (Gian Maria Volonte) qui vient d’échapper à la vigilance du commissaire Mattei (Bourvil).
Ensemble, les deux truands, sur le conseil d’un gardien de prison (Pierre Collet), ils vont monter un coup faramineux, aidé d’un ex-policier réformé pour alcoolisme, Jansen (Yves Montand) : 2 milliards de bijoux, place Vendôme.

Evidemment, comme annoncé, le coup, s’il va réussir, ne va pas se terminer comme prévu…

 

L’une des publicités de ce film fut d’annoncer que Bourvil jouait (enfin) un grand rôle sérieux (son second depuis Les grandes Gueules). Quel manque de tact. Non seulement, Bourvil était en train de mourir (3), mais comme le disait Desproges (et d’autres), il est plus difficile de faire rire que de faire pleurer. Et Bourvil, qui a fait rire pendant presque toute sa carrière, va endosser le rôle du commissaire justicier (les méchants doivent être châtiés, c’est la loi qui le dit) avec une grande aisance. Et en plus, des cheveux !

Il confirme ainsi qu’un acteur comique est très certainement capable d’endosser n’importe quel rôle : il est plus facile de faire pleurer que de faire rire.

 

Mais bien sûr, c’est avant tout un film de Melville, servi par des acteurs à leur haut niveau qu’il s’agit. Outre Bourvil, qui récupère son prénom au générique, la distribution égrène des noms prestigieux (ajoutons François Périer pour être complet).

Et Melville nous gratifie d’un film de gangster magnifique avec le savoir-faire que nous lui connaissons.

IL prend son temps pour mettre en place la situation et définir ses différents personnages : Corey qui sort de prison, Vogel qui s’évade, les crises de delirium tremens de Jansen et les chats de Mattei. Tous sont estampillés et devront se retrouver dans le cercle rouge annoncé. Tout le reste n’est que délayage.

Mais quel délayage !

 

Comme toujours, Melville prend son temps pour mettre en place un casse formidable (2 milliards !) avec la même précision que ses auteurs (4). On y retrouve les silences habituels et les dialogues succinct, faisant de chaque parole un élément des plus pertinents : pas de dialogue superflu. Et ceci fonctionne surtout du côté des truands, les policiers ayant toujours été de grands bavards.

Bien sûr, outre Mattei et ses chats (5), ce sont les truands qui sont à l’honneur : entre Vogel et son évasion hivernale (on comprend alors la prouesse qui le fait se mettre en slip pour échapper à la police), Corey et sa revanche sur ceux qui l’ont laissé pourrir en prison et les visions de Jansen dues à son delirium tremens.

 

Et encore une fois, Melville nous subjugue avec cette histoire de truand qui tourne mal (la morale que voulez-vous), mais on en peut s’empêcher de penser à la Rubrique-à-brac (tome 3) de la même période et la caricature d’Alain Delon par Gotlib qui va avec : le dessinateur avait beau se défendre d’être mauvais en caricature, il est difficile de ne pas y penser tout au long du film (NB : le film décrit n’a rien à voir avec celui-ci).
 

Un magnifique film noir. Et puis c’est tout.

 

PS : on notera la présence de Paul Crauchet, qui était Félix dans le film précédent de Melville : L’Armée des ombres.

PPS : Merci Jean.

 

  1. Il n’y a qu’une seule femme dans ce film.
  2. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Siddhârta Gautama, vous savez, celui qu’on appelle aussi « Bouddha » (Enfin c'est ce que dit l'entame du film).
  3. Il disparut un mois avant la sortie du film.
  4. Un écart et le projet tombe à l’eau, c’est bien connu !
  5. La photo d’une femme traîne sur son bureau ; son ex-épouse, sa fille ? On ne le saura jamais.
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