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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gérard Oury
Le Corniaud (Gérard Oury, 1965)

Il s’appelle Antoine Maréchal (Bourvil), il habite Paris et il s’en va visiter l’Italie pendant ses vacances. Enfin allait visiter l’Italie, puisqu’au premier carrefour, il rencontre la voiture (1) de Léopold Saroyan (Louis de Funès), homme d’affaire des plus louches, lors d’un carambolage devenu depuis culte, dû à l’inventivité de Pierre Durin en charge des effets spéciaux.

A partir de là, la vie d’Antoine va basculer : pour compenser ses vacances fichues, Saroyan propose  Maréchal de convoyer une Cadillac de Naples à Bordeaux. Il ne lui précise pas que cette voiture emmène d’autres marchandises que la police cherche depuis un moment.

 

Le Corniaud, c’est bien sûr Maréchal-Bourvil, trop honnête pour voir un quelconque trafic, et surtout assez ahuri pour passer n’importe quel barrage routier. Un abruti facilement dirigeable ce dont Saroyan-de Funès va user avec un bonheur tout relatif.

Par contre, le Corniaud, c’est avant tout la rencontre (2) entre deux figures majeures du cinéma comique français : deux personnages tellement antithétiques qu’ils en deviennent complémentaires, voire inséparables.

 

Et pourtant, ils ne possèdent que trois moments de contact véritable, échangeant quelques répliques : l’accident ; la proposition ; la toute fin du film dans une voiture. Les autres rencontres sont indirectes et se font à l’insu de notre corniaud (garage, camping).

Mais malgré ces trois véritables scènes d’échanges, pas spécialement longues, le duo est constitué et on associera alors les deux noms à égalité sur ce film.

 

Pourtant, c’est bien Bourvil qui tient le haut de l’affiche, son air ahuri et simple faisant craquer les jolies femmes (3). Il avance, naïf au milieu des truands, Mais de Funès n’est pas bien loin derrière puisqu’il nous gratifie de quelques scènes d’anthologie dont la réparation de la voiture sur une adaptation de Rossini absolument jubilatoire !

 

Bref, c’est du comique de haute volée et tous les genres y passent : du burlesque aux dialogues ciselés (4), c’est une suite de gags irrésistibles, véritable hommage au cinéma comique muet. Rappelez-vous Louis de Funès dans les douches, ou encore dans le garage (l’autre) avec le masque de soudeur et Bourvil dans la voiture qui monte et descend…

C’est un festival de drôlerie, véritable galop d’essai pour le tandem qui sera de retour sur les écrans l’année suivante dans cet autre sommet du cinéma comique français : La grande Vadrouille.

 

Mais vous vous doutez bien que ceci est une autre histoire...

 

  1. Le contraire serait plus juste
  2. Ce n’est pas la première fois qu’ils jouent ensemble dans un film. Leur véritable rencontre eut lieu lors d’un autre film inoubliable, mais pour le duo Bourvil-Gabin : La Traversée de Paris (Claude Autant-Lara, 1956). Ici, c’est la première fois qu’ils se partagent le haut de l’affiche. Malheureusement, il n’y en aura qu’une seule autre fois…
  3. « Il m’épate, il m’épate, il m’épate, il m’épate (ad lib). » (Léopold Saroyan)
  4. L’inoubliable « Bah, maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément. » ; et la suite : « qu’est-ce que je vais devenir, moi ? – Et bien, un piéton. »
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