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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #François Truffaut
Le dernier Métro (François Truffaut, 1980)

Paris, septembre 1942.

Les Allemands occupent la ville et les lieux de spectacles survivent malgré les privations et surtout la censure omniprésente, influencée entre autres par l’infâme Daxiat (Jean-Louis Richard), critique théâtral à Je suis partout, cette ignoble feuille de choux antisémite.

Au Théâtre Montmartre, c’est Marion Steiner (Catherine Deneuve) qui a succédé à son mari Luka (Heinz Bennent), interdit d’activité puisque juif.

Arrive dans ce théâtre le jeune acteur Bernard Granger (Gérard Depardieu), pour interpréter un rôle dans une pièce dirigée en sous-main par Luka, réfugié (secrètement, cela va de soi) dans la cave du théâtre.

 

Rater le dernier métro a toujours été mauvais signe : c’était l’occasion (mauvaise) de rentrer à pied chez soi, et pour peu que la pluie tombât, cela devenait un véritable supplice.

Mais en 1942, c’était  encore pire car s’ajoutait la possibilité d’être raflé par (au choix) les soldats allemands qui étaient (presque) les seuls autorisés à circuler à toute heure, ou la Gestapo, je devrai dire les Gestapos, allemande et française.

Une époque bien trouble en vérité, comme on peut le lire souvent à propos de cette période.

 

Ici, François Truffaut (1) Suzanne Schiffman et Jean-Claude Grumberg adaptent un épisode de la vie de la danseuse Margaret Kelly Leibovici (1910-2004) qui cacha pendant quelques années son mari Marcel Leibovici de la Gestapo (encore elle).

C’est une très belle histoire, portée par des interprètes de talent, mais on ne peut s’empêcher de trouver que quelque part, ça sonne faux. Et pourtant, Truffaut n’apparaît pas, ni ne parle…

Le thème central – la survie du théâtre – amène une mise en abyme permanente, qui malheureusement nuit à la reconstitution du Paris des années d’Occupation. La seule séquence qui semble avoir réellement été tournée en « extérieur » (2) se situe d’ailleurs dans le métro !

Pour le reste, nous sommes à chaque fois en intérieur ou presque.

Et c’est bien dommage parce que cela amène une artificialité qui nuit au film. Et pourtant, ce film eut un grand succès, raflant maintes récompenses (10 Césars). D’un autre côté, comme le rappelle régulièrement ce même professeur Allen John, en 1939, La Chevauchée fantastique n’a reçu que deux Oscars pendant qu’Autant en emporte le Vent en raflait 10… Mais ceci est une autre histoire.

 

Et pour le reste, la pièce jouée – la Disparue – a des résonances contemporaines (pour l’intrigue) qui nous amènent à penser que ce qui se joue sur la scène se joue aussi dans la vie réelle, c’est-à-dire celle de 1942-43. Et Truffaut va jusqu’au bout dans cette idée, jouant de la limite ténue entre l’intrigue du film et celle de la pièce pour amener une légère confusion chez le spectateur.

Et en fin de compte, on en arrive à douter de tout ce qu’on voit, et la séquence finale en est un bel exemple, même si les ficelles sont un tantinet grossières.

Reste un film agréable, mais où le jeu de certain(e)s interprètes a tendance à lasser voire pire.

Et la scène cruciale qui voit Luka enfin sortir à la lumière est gâchée par un mur sur lequel ce dernier s’appuie : il s’enfonce comme s’il s’agissait d’un décor de cinéma.

 

Ah mais oui, nous sommes au cinéma…

 

  1. Passez votre chemin, professeur Allen John : à demain.
  2. Hum…
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