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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Georges Méliès
Le Déshabillage impossible (Georges Méliès, 1900)

C’est un homme (Georges Méliès) qui rentre chez lui et qui veut se coucher.

Il commence à se déshabiller, mais une fois le pantalon ôté, des habits lui apparaissent (chapeau, veste, gilet…) l’empêchant de se dévêtir totalement.

 

C’est un (très) court film que nous propose le grand Georges, que ce particulier qui a du mal à se mettre au lit.

En effet, c’est une accumulation double qui grandit pendant ces deux petites minutes : d’une part les habits qui se multiplient et prennent de plus en plus de place ; d’autre part un agacement qui tourne à l’énervement voire jusqu’à une certaine dose de folie du fait de ces vêtements récalcitrants.

Et comme si cela ne suffisait pas, le sort s’acharne sur ce pauvre homme : ulcéré de ces différents affiquets incongrus, notre homme se jette sur son lit, décidé à dormir coûte que coûte. Malheureusement pour lui, le lit disparaît, laissant notre individu par terre mais surtout à nouveau complètement habillé.

Et le film se termine brusquement, alors que notre homme lutte désespérément contre ses habits.

 

Nous sommes environ quatre ans après Escamotage d'une dame au théâtre Robert-Houdin, et Méliès pousse à son paroxysme le trucage dit « arrêt de la caméra ».

Que de chemin parcouru depuis ce film, d’ailleurs. Son personnage de vieil homme fatigué (dans plusieurs sens) n’a rien de l’illusionniste statique qui faisait apparaître des éléments. Non seulement il ne prend pas de pose grandiloquente, mais en plus il donne sans cesse une impression de mouvement, accentuant l’effet d’accumulation double.

C’est absolument génial et on ne peut que s’amuser de ce pauvre homme tourmenté par sers vêtements qui apparaissent de façon semble-t-il aléatoire. Avec en point d’orgue l’escamotage du lit qui ramènerait notre homme au début de la séance si les autres habits avaient disparu. Et l’effet comique ne peut être dissocié de l’état d’exaspération de l’homme face à sa malédiction.

 

Bref, nous ici encore dans l’expérimentation, ou plutôt dans le perfectionnement de cette technique d’arrêt de la caméra. C’est bien au point et cela pourra être utilisé dans les films plus ambitieux qui viendront ultérieurement.

 

Ceux de Méliès, bien sûr, mais aussi les autres…

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