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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean-Pierre Jeunet
Le fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001)

1997.

L’année du film, presque. Surtout l’année ont parle le film.

Cette année a vu la disparition de Lady Di et Mère Térésa et l’’intervention d’un cheval sur le Criterium International de la Route* (eh non, ce n’est pas le Tour de France !).

Mais 1997, c’est aussi la parution du livre de Philippe Delerm : La première Gorgée de bière et autres menus plaisirs minuscules, ode aux petits riens agréables de la vie et du temps qui passe.

 

Parce qu'Amélie Poulain, c’est avant tout un grand film nostalgique qui se passe à la fin du XXème siècle.

Le narrateur (André Dussollier), tout d’abord nous présente les protagonistes qui vont intervenir dans cette histoire : les parents d’Amélie puis elle-même, ainsi qu’une poignée de gens gravitant autour d’elle. A chaque fois, ces personnages ne se défissent par ce qu’ils aiment ou non, et comment ça peut orienter leur vie de tous les jours : le père d’Amélie aime l’ordre, Amélie ramasse des galets pour pouvoir ensuite les lancer dans le Canal Saint-Martin…

 

C’est tout un microcosme qui s’offre à nous dans des tonds un peu passés, comme on regarde un vieil album de photos. C’est d’ailleurs un album de photos qui est un McGuffin du film : un album que le lunaire Nino perd en poursuivant un homme mystérieux. Ce même album qu’Amélie ramasse et qui va les faire se rencontrer.

 

Mais c’est avant tout un film sensoriel. Depuis Les Lumières de la ville, on avait  rarement eu un film qui développe autant les sens : la vue, le toucher et le goût essentiellement, avec en un parcours commenté pour un aveugle (Jean Darie) qu’Amélie a aidé à traverser la rue.

On ne peut s’empêcher de ressentir les différentes perceptions d’Amélie et les autres (la main plongée dans un sac de lentilles, le goût des sot-l’y-laisse après avoir découpé le poulet**…) au fur et à mesure de l’histoire.

 

Et puis il y a ce fabuleux destin : un soir que Lady Di mourait, un bouchon de cosmétique a rebondi sur le sol, cogné un carreau de plinthe et découvert une cachette avec une boîte à secrets.

Il y a tout d’abord la façon dont la cachette se révèle à nous spectateurs, Amélie étant obnubilée par la mort de la princesse : on y retrouve l’ouverture d’un passage secret d’un château plus ou moins hanté, actionné par un mécanisme. Mais surtout, c’est la musique (de Yann Tiersen) qui donne le ton mystérieux à cette découverte quand la belle Amélie regarde à l’intérieur. On retrouve alors tous ces petits détails qui font les histoires de Jean-Pierre Jeunet depuis Delicatessen. Ces petits riens sont magnifiés devenant ces petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

 

Puis à mesure qu’Amélie entre dans la vie des gens et qu’un moment clé se profile, l’image se transforme, devenant plus sombre ou éblouissante en fonction de ce qui arrive. C’est un régal pour nos yeux et nos oreilles.

Enfin, il y a les différents personnages interprétés par quelques habitués des films de Jean-Pierre Jeunet (Dominique Pinon, Rufus, Ticky Holgado).

 

Mais malgré toutes ces petites choses douces et agréables, il reste au milieu de tout cela Amélie. Elle est seule. Elle aussi. Parce que tous ces gens qui gravitent autour d’elle sont seuls : seuls avec leurs rêves, avec leurs déceptions, avec leurs amours défuntes.

Amélie, en pénétrant dans leurs vies v&a essayer de les recoller à quelque chose, mais au final : qui va s’occuper d’elle ?

Ce sera un autre solitaire, l’homme de verre ce vieux monsieur qui à la maladie des os du même nom : par obligation il reste cloitré chez, peignant à longueur d’année, inlassablement, le même tableau : le Déjeuner des Canotiers (Jean Renoir, 1880). Dans ce déjeuner, une femme qu’il n’arrive jamais à peindre, parce qu’il ne la cerne pas : le double d’Amélie. Une femme ni heureuse ni malheureuse au milieu des gens, le regard perdu.

 

Et tout cela régulièrement ponctué par le regard malicieux d’Audrey Tautou, le même que sur l’affiche.

 

Un autre petit plaisir de la vie…

 

 

* événements mentionnés dans le film

 

** Et je ne parle pas de la gorgée de bière que boit Joseph (D. Pinon)en ruminant ses idées noires…

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