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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Julien Duvivier
Le Golem (Julien Duvivier, 1936)

Prague, 1610.

Le rabbin Loew est mort, mais les Juifs sont toujours victimes de répressions impériales dirigées par le chancelier Lang (Roger Karl), un converti, pendant que l’empereur Rodolphe (Harry Baur) lutine, surtout la comtesse Strada (Germaine Aussey).

Mais si le rabbin est mort, sa créature, le Golem (Ferdinand Hart), est toujours présente, à l’abri de tous, dans la synagogue.

Cette créature fait peur à ce même empereur qui veut la détruire. Mais la prophétie de Loew est claire : il doit revenir apporter la justice pour tous (et surtout les Juifs).

 

Si Julien Duvivier était un chroniqueur acerbe et juste de son époque, ses escapades temporelles n’ont pas la même sagacité. Ce Golem, sorte de fausse suite juive de son Golgotha où un nouveau personnage s’élève du peuple pour combattre les injustices. Bon, c’est un peu tiré par les cheveux, mais l’analogie est tout de même là.
Par contre, ce qui n’est pas là, c’est la dimension fantastique qui accompagne le personnage et dont j’ai déjà parlé ici avec le film de Paul Wegener (1).

 

Certes, Duvivier n’est plus un débutant au cinéma, et on trouve de ci de là des éléments réjouissants comme l’utilisation des ombres sur les murs, mais le grand Julien n’était pas un cinéaste allemand et ça se voit tout de suite. Si ses personnages n’ont pas la bassesse habituelle, ils n’en demeurent pas moins bien français, et Harry Baur, malgré tout le talent qu’il avait, passe difficilement pour un souverain tchèque, aussi fou soit-il. Par contre, sa prestation, un tantinet outrancière met bien en évidence la folie de son personnage, mais cela ne va pas plus loin.

 

Et puisqu’on en est à l’interprétation, on sent une atmosphère très empesée dans ces différents personnages qui déclament parfois plus qu’ils ne jouent. Et cette grandiloquence a tendance à émousser l’intérêt du spectateur (en tout cas, c’était comme ça pour moi).

Encore une fois je rejoins mon ami le professeur Allen John quand il regrette que le cinéma français n’était pas capable de développer un cinéma fantastique sérieux à cette époque (et depuis ?).

Et au final, on a un film qui se laisse regarder, mais sans plus, ce qui est décevant de la part de Julien Duvivier. Heureusement que cette même année, il a sorti La belle Equipe (2). Ca compense.

 

Un telle suite se justifiait-elle ? Bien sûr que non. (3)

 

  1. Celui de 1920, bicôze celui de 1915 n’est plus visible (il ne reste que la deuxième bobine, et encore…).
  2. Aimos qui y interprète Tintin est là aussi : il est Toussaint, le serviteur d’un camelot français (Roger Duchesne).
  3. C’est d’abord une pièce de théâtre créée en 1931. Cela n’empêche pas que ce n’était pas nécessaire…
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