Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bernard Toublanc-Michel
Le petit Bougnat (Bernard Toublanc-Michel, 1970)

Le petit Bougnat (Claude Amazan) est un jeune garçon qui habite Sarcelles et qui veut aller en colonie de vacances avec ses copains. Malheureusement pour lui, ses parents ont d’autres projets. Qu’à cela ne tienne, il se sauve de chez lui et réussit à se rendre sur le lieu de la colonie. Il retrouve, en plus des copains, la jeune Rose (Isabelle Adjani), qui n’a qu’une seule envie, c’est de rentrer à Sarcelles : « la caserne c’est pas pour les filles. »

J’oubliais un détail qui a son importance : le petit Bougnat, comme son nom ne l’indique pas, est noir. C’est comme ça.

 

Pour ceux qui s’en souviennent encore, je précise qu’il n’y a aucune relation entre ce petit Bougnat et les déclarations imbéciles d’un ancien ministre de l’Intérieur en 2009 (1). Si le jeune garçon est appelé Bougnat, c’est avant tout parce qu’il est né en Auvergne, à Clermont-Ferrand. Quant à se couleur de peau, elle n’est mentionnée qu’une seule fois, et de façon pertinente par la jeune Rose : à aucun moment les enfants ne se permettent quelque remarque désobligeante. C’est un paysan du crû qui, le croisant, fait référence à un slogan publicitaire pour une parque de petit déjeuner enfantin, dont le logo utilisait le portrait d’un homme noir, archétype de l’Africain dans la France colonialiste.

 

Mais pour le reste, Bernard Toublanc-Michel filme avec beaucoup de justesse l’univers des enfants de 1970, et surtout certains aspects des colonies de vacances qui ont perduré pendant toute la décennie, et même après. Comment je le sais ? J’ai participé enfant à ce genre de séjour pendant cette période.

Parce qu’en plus d’être un film avec des enfants, Toublanc-Michel capture l’esprit du temps, avec ces colos où tout les enfants portaient la même tenue (2), et faisaient tous la même chose au même moment ! Et comme disait mon ami Jiém (3), heureusement que les WC étaient individuels !

 

Mais Le petit Bougnat, c’est avant tout deux enfants qui vont se (re)trouver, malgré leurs oppositions : une fille et un garçon ; elle veut rester à Sarcelles, il veut s’enfuir ; il est débrouillard, elle est empotée… Et Toublanc-Michel évite le piège facile de l’histoire d’amour (impossible, ils n’ont pas le même âge) entre ses deux personnages attachants. C’est seulement (et c’est beaucoup déjà) une belle histoire d’amitié entre un garçon et une fille : deux individus qui ne savent pas ce qu’ils veulent, et qui se rencontrent pour finalement acquérir, chacun à sa façon, leur part de bonheur.

 

Alors n’hésitez pas, (re)plongez dans la France des Trente Glorieuses, avec ses cars qui s’ouvrent à l’arrière et n’ont pas de ceinture de sécurité, où on autorisait les enfants à fumer (Bougnat préfère le cigare), et où on découvrait alors une future grande actrice, Isabelle Adjani. Sa composition de Rose est très juste – normal, elle a l’âge, mais cela ne suffit pas – cette jeune personne qui ne sait pas où se situer entre le monde de l’enfance et celui des adultes, attirée tour à tour par les deux, mais surtout par le beau Roland, moniteur de cette colo (4), qui est tout de même bien embarrassé par cette jeunette qui se croit amoureuse de lui.

 

  1. Il sera d’ailleurs – justement – condamné pour ses propos racistes.
  2. Il ne fallait pas faire de différence.
  3. Je vous conseille son dernier livre, ZoneS à défendre (publicité gratuite), qui ne plaît pas à certains algorithmes plus ou moins « sociaux ».
  4. On ne disait pas encore « animateur ».
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog