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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Roscoe Arbuckle, #James Cruze
Tu trembles, Fatty (Leap Year - Roscoe Arbuckle & James Cruze, 1924)

Stanley Piper (Roscoe Arbuckle) est le jeune héritier de son oncle Jeremiah (Lucien Littlefield), un vieux grincheux misogyne traité contre la goutte par la jeune infirmière Phyllis Brown (Mary Thurman). Stanley est amoureux de la belle Phyllis mais son oncle décide de l’envoyer loin des femmes : elles lui font perdre ses moyens (1). Mais là où Stanley débarque (L’île Catilina), ce ne sont que jeunes beautés qui se prélassent et voient d’un œil intéressé ce futur millionnaire…

Stanley doit encore fuir. Mais elles le suivent chez son oncle.

A partir de là, rien ne va plus…

 

Voilà un film très particulier : il a fallu attendre 2008 pour qu’il sorte (enfin) aux Etats-Unis. La raison ? Roscoe Arbuckle avait été blacklisté suite au scandale qui porte son nom et qui ruina (définitivement) sa réputation. Et surtout pour une affaire où il était totalement innocent ! En outre, il s’agit de son dernier long métrage en tant qu’acteur pour les mêmes raisons : le film n’étant pas sorti (hélas), n’a pas connu quelque succès que ce soit.

Et c’est bien dommage !

 

C’est un véritable chant du cygne que ce film qui le voit en séducteur malgré lui (2) : toutes les jeunes femmes q’il croise (ou qui le croisent) ne peuvent s’empêcher d’être amoureuses de lui, rêvant de l’épouser. Toutes sauf une bien sûr, l’infirmière, la seule qu’il aime !

Et Arbuckle est encore une fois phénoménal. On peut retrouver sa délicatesse et surtout sa souplesse qui ont fait son succès avant. Malgré sa stature plus qu’imposante, il est d’une grâce et d’une légèreté formidables. Il faut le voir simuler une maladie grave – sautiller, bondir et s’effondrer avec en prime une galipette – pour se rendre compte de son aptitude physique étonnante.

 

Malheureusement, même la présence de James Cruze lui aussi à la réalisation n’y a rien fait : les producteurs ont refusé de sortir ce film qui aurait très certainement relancé sa brillante carrière injustement (c’est le cas de le dire) interrompue. Parc e que c’est toujours aussi drôle – et plus évolué que ses premiers films, même si on n’atteint pas le degré de subtilité de ses contemporains dont son ami Buster Keaton. Keaton dont le film Seven Chances qui va sortir l’année suivante, est comme un écho au film de Cruze et Arbuckle : on y retrouve un jeune homme amoureux d’une jeune femme qui le rejette et qui se retrouve poursuivi par une multitude de prétendantes. Certes, le principe de l’intrigue est différent, mais le résultat est le même : une jeune homme en proie aux assiduités de femmes qu’il n’a pas choisies.

 

Mais malheureusement (encore une fois), ce film est resté dans les boîtes – sauf en Europe où on put le voir dès le 13 janvier à Paris – et Arbuckle a survécu tant bien que mal les neuf années suivantes avant de s’éteindre prématurément le 29 juin 1933.

Il est donc indispensable de voir ce film : ce sont les adieux – involontaires – d’un immense comique, par le physique, mais surtout par le talent !

 

PS : encore une fois, le titre original ne semblait pas assez vendeur pour le public français. Cette Année du grand saut métaphorique devient une accroche un brin racoleuse (il faut vendre, que voulez-vous…), avec surtout le souci d’identifier son personnage principal, immense vedette malgré tout. En Europe.

 

  1. Il doit boire un verre d’eau afin de réprimer l’inévitable bégaiement qui le prend à chaque fois qu’il est ému.
  2. A moins que ce soient les millions qui lui sont destinés…
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