Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sport, #George Clooney
Jeux de Dupes (Leatherheads - George Clooney, 2008)

« Jeux de Dupes ». Quelle traduction (1) !

Le titre original est Leatherheads, qu’on peut traduire par « tête de cuir », du fait des casques utilisés dans les années 1920s pour le football (américain, cela va de soi).

Parce que c’est un film sur le football, au moment où le jeu va se professionnaliser, avec les contraintes et surtout les règles que cela implique.

Nous suivons deux joueurs emblématiques : un jeune qui monte – Carter Rutherford (John Krasinski) et un autre qui est sur la fin – Jimmy « Dodge » Connelly (George « What else » Clooney), alors que le sport est en pleine mutation.

C’est d’ailleurs Dodge qui va initier cette mutation, utilisant Carter « The Bullet » Rutherford pour promouvoir le jeu et éviter à son club (les Duluth Bulldogs) de disparaître.

Mais cette initiative va échapper au contrôle des principaux concernés et l’état va donc y mettre de l’ordre en nommant un responsable national, entérinant la professionnalisation de ce sport.

 

Encore une fois la troisième), George Clooney nous invite à un voyage dan le temps, dans cette histoire des Etats-Unis que nous Européens ne connaissons pas vraiment.

Après les années 1970s (Confession of a dangerous Mind) et les années 1950s (Good Night, and good luck), nous plongeons en plein cœur des années 1920s. Et en plus on s’y amuse beaucoup, l’équipe des Bulldogs n’étant pas vraiment une équipe comparable à celles qu’on peut voir chaque année au Superbowl, l’un des rares événements retransmis sur les chaînes européennes.

Ni d’ailleurs leur façon de jouer qui se rapproche plus du combat de rue que du sport. Il faut dire qu’à cette époque, les règles étaient on ne peut plus floues et plutôt sujettes à l’appréciation de l’arbitre – quand celui-ci réussissait à finir le match en un seul morceau.

 

Ajoutez à cela une sous-intrigue concernant Carter sur son expérience pendant la Grande Guerre – il aurait capturé les soldats de toute une tranchée seul – et vous avez l’élément manquant de l’intrigue : la femme.

Elle est journaliste et s’appelle Lexie Littleton (Renée Zellweger) et enquête sur les conditions de la reddition de la tranchée ; embarrassant grandement Carter qui aurait préféré des échanges un tantinet plus légers (2).

Cela nous amènera à un rapide épisode dans la tranchée, expliquant comment Carter a réellement contribué à la reddition de cette tranchée.

 

Mais bien sûr, c’est avant tout l’aspect sportif qui nous intéresse le plus ici, même si la reconstitution est encore une fois bien réalisée : Clooney prend un soin minutieux à recréer l’atmosphère de cette époque, usant de photographies en noir et blanc rappelant très bien l’importance des journaux à cette époque,

Et surtout, il renoue avec la tradition hollywoodienne de ces comédies (presque) intemporelles (3), qui vont surtout s’épanouir dans les années 1930s avec en particulier Frank Capra.

Parce qu’en plus, on s’amuse.

 

On s’amuse de cette équipe de bras (presque) cassés obligés de louvoyer et prendre certaines libertés pour emporter la victoire, contraints par l’évolution des mœurs de jouer « proprement », sous peine d’éviction (pour Dodge, surtout). Bien évidemment, Dodge n’en fera qu’à sa tête, mais s’il jouait réglo, où serait l’intérêt et surtout le plaisir ?

Mais derrière cette comédie brillante, pointe une réalité entrevue, noyée dans les différentes sous-intrigues du film : les joueurs de cette époque n’étaient absolument pas considérés : quand les Bulldogs doivent mettre la clef sous la porte, tous les joueurs (sauf Dodge) doivent réintégrer la « vie active » et s’affairer à des métiers non qualifiés et surtout pénibles : la mine, le ramassage des fruits, l’usine…

Dodge échappe à cet univers pénible mais pour se retrouver dans une situation qui n’dst guère plus enviable : la fonctionnaire de l’agence du chômage ne peut le classer dans une rubrique en rapport avec ses qualifications. Normal, il n’en a pas : jouer au football est un loisir, pas un gagne-pain.

 

Bref, Clooney réalise ici une comédie subtile, alliant avec bonheur les éléments comiques plus ou moins faciles, rappelant sur certains côtés le cinéma burlesque (muet) de l’époque, soutenu par la musique contemporaine à cette période. Parsemant son intrigue de quelques éléments d’actualité : la Prohibition et surtout les speakeasy et leur alcool de contrebande ; la radio et le langage réglementé…

Comme quoi on peut faire un saut dans le temps sans oublier de rire, même avec des sujets pas si comiques que ça.

 

Un plaisir, encore une fois.

 

  1. Encore !
  2. Le charme de Renée Zellweger incite plus à cette inclination.
  3. Si ce n’est le contexte, les éléments sont toujours les mêmes
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog