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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henri-Georges Clouzot
Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955)

Une institution scolaire privée à Saint-Cloud.

Dans cette institution, un directeur tyrannique.

Mais surtout, dans cette institution, deux femmes qui en ont assez de ce tyran et décident de s’en débarrasser.

 

C’est une histoire peu banale que nous propose le maître Henri-Georges Clouzot, que cet assassinat, programmé donc, par ces deux femmes qui furent un temps rivales.

Mais si l’histoire est extraordinaire – diabolique est bien le mot juste – les personnages eux le sont beaucoup moins.

ON retrouve – comme (presque) toujours chez Clouzot – des gens ordinaires, avec leur petite vie ordinaire voire étriquée. Des gens juste assez mesquins pour être crédibles, et dans l’ensemble peu glorieux.

Les seuls qui échappent à cette bassesse humaine sont les enfants. Ils ne sont pas encore contaminés par leurs ainés. Mais il n’y a aucun doute qu’un jour ils le seront. Il suffit de relever la réflexion de l’un d’eux qui n’a pas descendu ses affaires pour partir : « Mon chauffeur ira l’prendre, il est payé pour ça ! »

 

Et pour illustrer cet humanité vile et veule, on retrouve quelques habitués des films de Clouzot : Pierre Larquey (M. Drain), en professeur de latin (entre autres), à la diction légèrement éraillée, bien heureux de la disparition du directeur, tout comme son collègue M. Raymond (Michel Serrault, un jeune débutant qui ira loin), et qui profitent de l’occasion pour savourer leur vin ; Noël Roquevert, toujours fidèle aux rôles un tantinet commandeur dans le genre vieille ganache, irascible et vindicatif quand il, s’agit d’écouter Zappy Max à la radio, mais tout sucre tout miel quand il faut aider sa propriétaire – Melle Horner (Simone Signoret) – en lui faisant bonne figure ; bref, répugnant à souhait.

 

Et puis il y a les autres.

Michel Delassalle (Paul Meurisse, magnifique, comme toujours), le directeur, un magnifique salaud qui n’hésite pas à humilier sa femme devant ses collègues voire les enfants. Abject. Ce n’est d’ailleurs pas un grand mal pour le spectateur de le voir se faire tuer par ces deux femmes.
Melle Horner, la « favorite » comme l’appelle Drain, le cerveau de l’affaire. C’est une femme de tête, forte, et déterminée. Elle a du courage pour deux, et même plus. Elle en impose à tous – sauf au directeur, bien sûr, mais ce n’est pas grave, il sera tué (1) - mais ressent malgré tout les affres de la culpabilité.
Et puis il y a Christina (Véra Clouzot), une femme malade du cœur (2) mais qui tient malgré tout magnifiquement son rôle dans cette opération criminelle sordide. Elle est elle aussi magnifique dans cette interprétation. Quand on sait ce que demandait Clouzot à ses interprètes pour obtenir l’effet recherché, on sent bien que le tournage fut difficile pour Véra qui, même si elle était son épouse, n’eut pas droit à un traitement de faveur.

Enfin, il y a Charles Vanel (le commissaire Fichet). C’est un vieux de la vieille – il est retraité de la police – et a une façon très particulière de s’occuper de son affaire. Il est toujours là quand il ne faudrait pas – à la morgue, dans la chambre de Christina – essayant à chaque fois de rallumer un vieux mégot de cigare. On dit que l’inspecteur Colombo l’aurait eu pour modèle d’une certaine façon. Et je veux bien croire cette histoire tant ce policier, au premier abord bien inoffensif, ne l’est pas vraiment. C’est aussi pour Vanel une occasion d’interpréter un personnage plus sympathique que Jo, le truand qui se « déballonne », dans le film précédent de Clouzot. Et il faut croire que l’expérience lui fut appréciable puisqu’il sera de nouveau avec le Maître dans La Vérité (3).

 

Un film magnifique où cette histoire somme toute incroyable est validée par l’humanité de ces protagonistes, des gens ordinaires qui se retrouvent dans une situation qui ne l’est plus.

 

Alors, en quoi ces gens sont-ils diaboliques ? Ca, il vous faudra le découvrir vous-mêmes (4)…

 

 

(1) Oh pardon, il ne fallait peut-être pas le dire…

(2) Elle mourra en 1960, d’une crise cardiaque…

(3) On y retrouvera aussi Paul Meurisse, qui rivalisera d’effets de manche avec lui

(4) Comme le demande le carton final, je ne serai pas diabolique et ne vous révèlerai rien.

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955)
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