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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Raymond Bernard
Les Misérables : Les Thénardier (Raymond Bernard, 1934)

Ils sont de retour, toujours aussi abjects et hypocrites.

Le temps a passé mais Thénardier (Charles Dullin), qui se fait maintenant appeler Jondrette, et son épouse (Marguerite Moreno) habitent Paris et sont désoeuvrés. Alors ils se sont acoquinés à la truande du quartier, vivant pour le reste de la charité (organisée) publique : les deux filles – Eponine (Orane Demazis) et Azelma (Denise Mellot) ne ratant aucune sortie de messe pour tendre la main.

Mais à Paris vit aussi ce bon monsieur Fauchelevent (Harry Baur) et sa fille Cosette (Josseline Gael) qui vient de fêter ses seize ans.

Vous l’avez deviné, Fauchelevent et Valjean ne font qu’un. Ce dernier est toujours en fuite pour Javert qui veille.

A e petit monde s’ajoute Marius (Jean Servais) qui est amoureux fou de Cosette (qui le lui rend bien), ce qui n’est pas pour plaire à son « père »… D’autant plus que Marius appartient à un groupe de républicains qui n’attend qu’une occasion pour déclencher une nouvelle révolution.

 

Film de transition, tout comme le fait Hugo dans on livre, Raymond Bernard – avec l’aide d’André Lang pour le scénario – installe son intrigue et surtout prépare le troisième volet qui sortira une semaine plus tard.
On y retrouve les mêmes personnages et on en découvre d’autres tout aussi importants : Marius et Eponine, ainsi que le petit Gavroche (Emile Genevois). C’est bien sûr ce dernier qui fait grosse impression, sa gouaille toute parisienne en fait le titi parisien par excellence, véritable personnification du personnage d’Hugo.

Ce film, c’est aussi l’occasion de voir la séquence d’anthologie que tout le monde attendait dès l’épisode précédent : Valjean qui s’en vient sauver Cosette (Gaby Triquet).

C’est d’ailleurs cette dernière qui ouvre le film, devant aller chercher l’eau à la source à l’aide d’un seau presque aussi grand qu’elle. Cette séquence forestière est magnifique (1), les différentes prises de vue de Kruger (et Portier) accentuant la terreur nocturne de la petite fille, les éléments naturels, du fait de l’obscurité ambiante devenant alors des menaces (2).

Et puis il y a LA rencontre : celle de cet homme qui va porter son seau et la tirer des griffes des deux infâmes.

La petite Gaby était déjà une belle Cosette, elle n’en devient que plus magnifique ici, décontenancée par ses bourreaux qui montrent soudainement patte blanche et tiraillée entre sa fidélité envers eux et cet homme inconnu qui débarque pour l’emmener.

 

Encore une fois, Harry Baur est un Valjean/Fauchelevent comme il faut, jouant de la discrétion – obligée – de Valjean avec beaucoup de subtilité, bien loin de la truculence de Champmathieu après le procès.

Mais e sont les Thénardier qui retiennent (presque) toute l’attention, le couple Moreno-Dullin é&tant – à mon avis – le meilleur qu’on ait eu. Certes, Thénardier est plus bavard – c’est a partie, que voulez-vous – mais là encore, Bernard garde la même sobriété qu’au premier opus.

Ces deux personnages sont donc d’affreux particuliers et le maquillage ainsi que la diction des deux interprètes en font de véritables archétypes de la méchanceté et de l’hypocrisie.

On rappelle toujours ce mot d’Hitchcock qui disait que pour qu’un film soit réussi, il faut que le méchant le soit d’abord, et on se dit que Les Misérables est de ce fait un chef-d’œuvre, les deux personnages titulaires y contribuant allègrement.

 

Une dernière chose : la dernière séquence est d’une incroyable pertinence se concluant par une réplique de Valjean qui ne l’est pas moins : on y voit un convoi de forçat, accompagné de la musique (magnifique et) dramatique d’Honegger : c’est un moment de grande violence et d’incommensurable misère, illustrant avec justesse la phrase de Hugo qui ouvre le film. Bien sûr, je vous laisse le soin de découvrir tout ceci si vous ne l’avez toujours pas vu…

 

  1. Encore une fois !
  2. Oui, on pense à Blanche-Neige et les 7 Nains quand on voit cette pauvre Cosette lutter contre sa peur.

 

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