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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Akira Kurosawa, #Western

Bien entendu, il s’agit du plus célèbre film de Kurosawa. Il se situe au milieu de son œuvre, le septième avec son acteur fétiche : Toshiro Mifune. Ce film est aussi célèbre pour l'adaptation qui en fut faite par John Sturges : Les 7 Mercenaires. Sturges déplaçant la même histoire dans l’Ouest américain, avec, bien entendu des codes différents.

Mais le film japonais est plus qu’un western, c’est une réflexion sur l’honneur et le sens de la vie. Et pour nous européens, c’est aussi une façon d’appréhender une culture très différente, où le temps s’il est important, n’est pas la valeur suprême. Les samouraïs se hâtent de former leur équipe, mais « avec lenteur ».

L’accent est mis sur les paysans. Ce sont les véritables héros de l’histoire. Les samouraïs ne sont que de passage. S’ils restent, c’est malheureusement (pour quatre sur les cinq), parce qu’ils sont morts. Les paysans représentent la vie, alors que les samouraïs sont la mort. Ils viennent pour tuer ou être tués. Et une fois l’orage passé, la vie reprend, les samouraïs reposent ou s’en vont. Kanbei, le sensei (Maître) déclarant, comme le fera plus tard Yul Brynner : « ce sont les paysans qui ont gagné ».

La recherche des samouraïs par les paysans et le sensei est aussi plus laborieuse. Les paysans ne proposant que de la nourriture, pas d’argent ni de trésor. On suit leur découragement dans la ville, leur pauvreté source de moquerie, la misère des autres… Jusqu’à l’arrivée de Kanbei, un ronin – samouraï sans maître. Qui a toujours perdu ses combats. Ce qui nous semble bizarre, vu son attitude face à un voleur d’enfant. Mais la fin du film nous explique pourquoi nombre de ses combats furent des échecs.

Chaque samouraï engagé a sa propre personnalité : Kanbei est le sage, Kyuzo l’expert, Heihachi le jovial, Katsushiro le novice… Et bien entendu, Kikuchiyo (Toshiro Mifune), l’usurpateur fanfaron. Mais si Kikuchiyo n’est pas un vrai samouraï, il le devient de par sa conduite par rapport aux paysans et au combat.

La dernière heure est dominée par les affrontements contre les bandits.

La violence dépeinte est plus forte que dans le remake américain. Dans le film de Sturges, les mercenaires sont des pistoleros, et tuent leur adversaire à distance alors qu’ici, chaque mercenaire doit approcher voire toucher sa victime. De plus, l’usage de sabres rend la mise à mort plus terrible, plus sanglante (même si ce n’est que suggéré).

Mais ce qui donne la force du film, ce sont les cadrages. Beaucoup de gros plans sur des visages. Seul Leone fera encore plus près pour exprimer la tension.

Ici, chaque personnage cadré de près a une émotion à partager. Le visage devient essentiel. C’est un retour au cinéma muet, même si les dialogues perdurent.

La profondeur de champ est toujours nette. Chaque élément d’une scène est important. Pas de flou devant ou derrière. La caméra a l’œil humain. (Ce procédé sera repris par Lautner dans Les Tontons flingueurs)

Et Kurosawa déroule son histoire d’honneur et d’amour. Parce qu’il y a de l’amour. Entre un samouraï et une paysanne. A la fin, elle l’a.

Normal, les paysans gagnent.

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