Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Documentaire, #Xavier Liébard
Les Voix du large (Xavier Liébard, 2017)

L’Ile d’Yeu au fil du temps.


Pour moi, l’Ile d’Yeu a toujours signifié deux choses : la tombe de Pétain et savoir s’il fera beau. Comme nous allions en vacances à Saint-Jean de Monts, apercevoir l’île était synonyme de mauvais temps.

Alors quand Xavier Liébard a proposé ce film documentaire, j’étais fortement intéressé. Et je n’ai pas été déçu. Enfin si, un (tout) petit peu, mais j’y reviendrai.

 

Pendant cinquante-deux minutes (pas une de plus, budget et format obligent) nous suivons un morceau de la vie associative de l’île : la radio Neptune FM, associative et qui émet depuis bientôt 35 ans.

Cette radio, qu’elle l’ait voulu ou non est le véritable lien social des Ilais (et îliens !) : en plus de donner des informations concernant exclusivement l’île, elle s’invite chez chacun et accompagne chaque vie.

 

Parce que comme le dit Xavier – je l’appelle Xavier parce que je le connais personnellement – quand on vit sur une île, on est amené à croiser plusieurs fois les mêmes gens, comme sur un bateau. Alors si un lien ne se crée pas, ça va être difficile de vivre ensemble.

Mais ceux qui ont monté cette radio prennent de l’âge. Et l’avenir de cette radio ne peut passer que part le renouvellement. Alors on assiste à ce renouvellement. Ce sont des nouveaux animateurs – surtout des hommes, c’est comme ça, mais rassurez-vous, il y a des femmes ! – dont l’un d’eux va devenir salarié !

 

Les Voix du large, c’est avant tout « un film de bonheur » (dixit Xavier Liébard lui-même) : on y suit avec plaisir un groupe d’individus qui ont la même passion, qui ont le même objectif : partager. Partager leur temps, partager leur musique. Faire quelque chose pour les autres.

C’était déjà ce thème qui était abordé dans un précédent films, les joyeux Compagnons : une troupe de théâtre de personnes âgées jouant dans les maisons de retraites, apportant un peu plaisir à ces résidents parfois totalement coupés de la société.

On suit alors les animateurs historiques dans ce qu’ils ont toujours fait, mais aussi les « petits nouveaux » qui apportent autre chose : ce que les anciens ne connaissent pas. On s’amuse des publicités de Gérard, mais on sourit aussi en voyant José avec ses dreadlocks et ses chansons totalement à l’opposé de ce que peuvent proposer les autres.

Il est clair que les anciens ne sont pas très sensibles à sa musique (plutôt death metal que valse musette) mais qu’importe : vivre ensemble, c’est aussi accepter les autres et aller vers eux pour les découvrir. Et c’est ce point qui est accentué par le réalisateur.

 

Ici, c’est l’île entière qui est coupée de la société. La mer – l’un des éléments les plus présents du film – entoure ce microcosme. Chaque petite élément, chaque histoire est ponctué par un retour à l’essentiel : la mer. Quoi que l’on fasse, on y retourne toujours.

Ces incursions maritimes sont un passage obligé dans la vie de l’île. On ne peut pas l’imaginer autrement. Ce sont alors de magnifiques images de la grève,k de la houle, de l’écume (etc.) : l’Ile d’Yeu est avant tout une destination touristique.

 

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, c’est trop court. On aurait aimé voir développé certains aspects.
La scène où  Jean-Yves chante, accompagné par un jeune guitariste est pleine d’émotion… Mais trop courte. Dommage.

C’est comme le siège des associations : l’ancienne prison de Pétain (on y arrive tout même…). C’est un lieu formidable pour les associations de l’île : chacun a la place de se réunir, de répéter dans une ancienne cellule… Mais c’est une prison.

Un seul plan réussit à capturer cette impression carcérale : c’est une porte, ouverte sur une ancienne cellule. Ca dure moins d’une seconde, et pourtant l’atmosphère est là. Impressionnant.

 

Xavier nous a dit qu’il est actuellement en repérage autour d’un nouveau groupe…

Alors j’attends.

Mais je me sens devenir impatient !

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog