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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Monty Python, #Terry Jones, #Comédie

Cinq ans après L'immense chef-d'œuvre Sacré Graal !, les Monty Python sont de retour pour un autre film improbable.

Cette fois-ci, ils nous proposent une histoire qui nous ramène au début du christianisme, quand Jésus prononçait le sermon des Béatitudes, un samedi après-midi, à l'heure du thé.

Dès la première scène, faussement sulpicienne, le ton est donné : Brian aura toute sa vie parallèle à l'autre, celui des évangiles. Ca commence par l'adoration - erronée - des mages et se termine, bien entendu par la crucifixion.

C'est entre ces deux événements que la différence se fait.

Car, si Jésus a eu le parcours que l'on sait, celui de Brian fut un tantinet plus tortueux.

Déjà, ça partait mal, lui qui se croyait 100% juif se retrouve à moitié romain, sa mère n'ayant pas vraiment été violée...

Mais Brian déteste les Romains. C'est pourquoi il rejoint le People's Front of Judea (ne pas confondre avec le Judean People's Front, ces déviationnistes !).

Lors d'une descente de la police romaine, Brian tombe d'un balcon à la place d'un illuminé plus ou moins prophète. Pour ne pas se faire remarquer, il commence un faux discours prophétique, le temps que les Romains s'éloignent.

A ce moment, sa vie bascule.

Les quelques badauds qui l'écoutaient veulent la suite de sa prêche, et vont le suivre jusque chez lui afin de profiter de son enseignement...

Encore une fois, les six compagnons jouent presque tous les rôles. On reconnaît Carol Cleveland, Charles McKeown et l'incontournable Neil Innes. Mais surtout, leur maître, Spike Milligan, est là : d'ailleurs, il se retrouve tout seul, impossible de le manquer. Et pour les plus perspicaces, il y a même George Harrison (par ailleurs producteur du film).

Encore une fois, on rit de bon cœur de cette suite ininterrompue de scènes toutes plus absurdes les unes que les autres. Malgré tout, l'histoire est un peu plus structurée que pendant leur premier film. Brian est un lien plus solide que l'était Arthur (encore une fois, c'est Graham Chapman qui tient le rôle principal).

Mais ce film est avant tout une critique féroce de la religion. Brian, messie malgré lui, se défend d'entraîner les gens à sa suite, et les encourage plutôt à penser par eux-mêmes. Mais c'est peine perdue. Chacun se ferme dans sa vérité en rapport avec les actions de ce nouveau prophète.

Pas étonnant que ce film ait été interdit pour blasphème en Irlande ou dans certains coins de Grande Bretagne (dont Aberystwyth, au pays de Galles, jusqu'en 2009 !).

L'humour autour du religieux est - malheureusement - toujours d'actualité. L'adresse de Brian à ses disciples est on ne peut plus raisonnable. Les exégèse entre ses nouveaux adeptes démontrent en quelques phrases comment on en arrive à des dérives intégristes dans une religion. N'oublions pas que la période choisie, celle du Christ, est une période de troubles religieux où un nouveau culte apparaissait régulièrement. Donc, l'aventure de Brian n'est pas si farfelue. C'est la façon de traiter le sujet qui rend ce film inoubliable.

Alors, rions avec Graham Chapman en Brian messie malgré lui, avec John Cleese en pharisien, avec Terry Gilliam en geôlier, avec Eric Idle en bègue, avec Terry Jones en mère abusive et avec Michael Palin, en ex-lépreux.

Et surtout n'oubliez pas de toujours regarder le bon côté de la vie !

Les Python avaient choisi de rire de la religion. On était en 1979.

Pourraient-ils le faire maintenant ?

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