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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Borzage, #Drame
Liliom (Frank Borzage, 1930)

Julie (Rose Hobart)

Une jeune femme, servante dans la haute société.

Son rayon de soleil : Liliom (Charles Farrell), le bonimenteur du carrousel.

Mais Liliom est un paresseux, un bon à rien...

Pourtant, Julie l'aime.

 

Il s'agit de la deuxième adaptation de la pièce de Ferenc Molnár La première parlante. Pourtant, c'est celle de Fritz Lang qu'on connaît plus. Alors que...
Alors que Frank Borzage nous propose une très belle version. Il reprend son acteur fétiche du muet, Charles Farrell pour jouer un Liliom dans la lignée de ses personnages antérieurs. C'est un grand échalas, maladroit dans ses gestes, et surtout avec Julie, l'amour de sa vie. Il a toujours ce regard intense, mais il n'a pas ne sait pas exprimer son amour. Pourtant Julie ne s'en formalise pas. Elle sait qu'il l'aime.
Là encore, l'esthétisme de Borzage est merveilleux. Le rapport entre l'ombre et la lumière est toujours aussi présent et beau. La scène de la mort de Liliom (ah oui, il meurt, c'est le déclencheur vers la rédemption) est à ce propos sublime. Une bougie au second plan - lumière ou présence divine ? - amène cette touche d'espoir dans une histoire malgré tout très triste. Et quand Julie se penche sur le corps de son amour, la bougie devient un halo, une auréole pour une femme qui devient madone. Parce que l'image de la Vierge est là encore présente. Rappelez-vous Janet Gaynor dans Street Angel (par exemple). Cette fois encore, cette madone est triste. Les yeux de Rose Hobart (trop grands pour ne pas être bleus...) sont formels. Il y a une mélancolie terrible. Ce n'est pas le désespoir de ne pas être aimé. Non, c'est la tristesse de voir Liliom encore plus triste qu'elle. Une sorte de cercle vicieux où chacun devient plus triste à son tour de voir l'autre se morfondre.
Pourtant, Liliom a un bon fond. Elle le sait, nous aussi. Il faut le voir annoncer la future naissance de son bébé pour s'en convaincre. C'est certainement le jour le plus beau de sa vie. Mais là encore, il ne sait pas le dire à Julie...
 
Borzage signe ici son deuxième film parlant. Mais cette fois, Borzage refait un « vrai » film, sans prétexte musical. Et quand la musique intervient dans l'intrigue, c'est quand Liliom et Julie se rencontrent. Pour le reste, elle ne tient qu'à l'ambiance du lieu ou de l'histoire, seulement un accompagnement. Mais malgré l'essor du parlant, les vieux réflexes du cinéma muet perdurent : des intertitres émaillent l'intrigue.
Quant à l'utilisation du parlant, elle laisse parfois à désirer : la scène d'introduction manque cruellement de vie, les deux interprètes (Rose Hobart et surtout Mildred van Dorn) ayant plus tendance à réciter leur texte qu'à le jouer. Mais rapidement, cela s'améliore. Par contre, Charles Farrell n'a pas la voix qui va avec son physique : beaucoup trop haut perchée. J'avais rêvé à une voix un tantinet plus grave (plus virile ?).
Et puis pour les habitués du cinéma américain des années 1925-30, il y a le plaisir de retrouver Bert Roach (The Crowd...), ou Guinn Williams (Lucky Star...), avec un plaisir certain.

Une version à découvrir sans tarder !
Pour les autres, à revoir avec beaucoup de plaisir...
 
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