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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fritz Lang, #Drame
Liliom (Fritz Lang, 1934)

Liliom, c'est un baratineur de foire. Toute la journée, il fait le boniment pour le carrousel de madame Moscat (Florelle).Il a la gouaille, il est beau et il chante magnifiquement. Bref, toutes les femmes sont un peu amoureuses de lui. Et en plus, c'est Charles Boyer !

Et parmi toutes ces jeunes femmes, il y en a une. Elle est différente. Ca ne s'explique pas. Elle s'appelle Julie (Madeleine Ozeray).

Et Liliom tombe amoureux d'elle.

Mais Liliom est un orgueilleux...

 

Quatre ans après Frank Borzage, Fritz Lang s'attaque à la pièce de théâtre de Ferenc Molnár. A cette époque, il est en transit. Il part pour l'Amérique - l'atmosphère en Allemagne étant un tantinet viciée (surtout pour les Juifs comme lui), même s'il avait de bonnes relations avec Goebbels. Le voilà donc de passage à Paris. C'est d'ailleurs là qu'il situe l'action du film (Borzage avait gardé Budapest comme cadre).

Alors il reprend le même schéma. Il allonge certaines scènes, et finalement, le film est petit peu plus long (118 minutes pour 94 chez Borzage), mais la structure reste la même, les proportions sont gardées. La mort de Liliom intervient aussi au deux tiers du film.

Mais c'est la façon de traiter l'histoire qui change totalement. Il n'y a pas les jeux d'ombres chers à Borzage. Mais un traitement un petit peu plus léger de l'intrigue. Et puis surtout, Charles Boyer est impérial dans ce rôle de drôle de mauvais garçon (pas si mauvais que ça, d'ailleurs). Il a la carrure (il fait moins dégingandé que Charles Farrell) et le ton qui va avec. Alors que Farrell campait un Liliom un tantinet gauche, Boyer, lui, est déterminé. Et beaucoup plus viril. Il est fort et n'hésite pas à se battre si nécessaire. Mais malgré tout, il ne vaut pas mieux. C'est toujours une espèce de fainéant bon à rien, comme le dit sa logeuse Mme Menoux (Maximilienne, la « vraie jeune fille » de l'Assassin habite au 21)

Mais alors que Borzage développait l'aspect ferroviaire de la vie après la mort, Lang réduit cet état à un examen policier. Il replace par la même occasion l'acteur qui joue le rôle du commissaire dans la vraie vie (Henri Richard), avec les mêmes soucis inhérents à sa fonction.

Le traitement de l'espace surnaturel - incluant le paradis possible - est le seul élément traité de façon irréaliste, alors que le reste du film est situé dans des décors vraisemblables. Chez Borzage, tout était faux, mais cela faisait partie de la façon d'appréhender l'histoire. Ici, Lang s'amuse à nous montrer des policiers ailés (zélés ?) assistés d'anges pas vraiment séraphiques. Ils ont plutôt des allures d'entrepreneurs... De pompes funèbres !

Et puisque c'est un film de Lang, les scènes se répondent : « 1, 2, 3... » compte Liliom. Et le 3, c'est le numéro de la porte où il est convoqué à la police...

A la police, où il attend, et on voit les heures tourner sur la pendules du commissariat. C'est d'ailleurs avec ce même mouvement tournant d'ouverture d'un nouveau plan que l'attente se termine, et que Liliom peut rencontrer celui qui l'a convoqué.

Et puis, au détour d'une scène, Antonin Artaud, égal à lui-même...

Alors, faut-il choisir entre le Liliom de Borzage et celui de Lang ? Non. Celui de Lang, même s'il reprend les mêmes épisodes que celui de 1930, est un autre film. Le point de vue est différent. Il n'a pas l'esthétique magnifique de celui de Borzage, mais il gagne en intensité humaine. Les acteurs jouent plus juste, et décidément, Charles Boyer est un magnifique Liliom !

 

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