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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Steven Spielberg
Lincoln (Steven Spielberg, 2012)

Janvier 1865.

Alors que la Guerre de Sécession (« Guerre Civile » en VO) s’éternise (quatre ans), Abraham Lincoln (Daniel Day-Lewis) et ses partisans veulent faire voter un treizième amendement à la Constitution de leur pays, cette même constitution qui perdure depuis 1783 (1)

Le 13ème amendement  la Constitution des Etats-Unis, c’est l’abolition pure et simple de l’esclavage dans toute l’Union.

Seulement voilà : cette Union est déchirée depuis 1861, et parmi les Nordistes qui constituent la quasi unanimité des protagonistes du film, il est de farouches opposants à cette émancipation voulue par ce président devenu légendaire.

C’est ce combat final avant la paix d’Appomattox que nous livre ici Steven Spielberg, dans un film magistral. Encore une fois.

 

Evacuons tout de suite les approximations, voire les erreurs historiques : nous sommes (encore) au cinéma, et il n’est pas question d’une quelconque reconstitution historique irréprochable. IL existe des livres et des documentaires pour y remédier. Et encore une fois, Spielberg nous offre du cinéma, dans la plus belle acception du terme : grandiose, superbe, émouvant.

Certes, il est servi par une distribution prestigieuse - comme on dit, et c’est le cas ici (2) – puisque, outre Daniel Day-Lewis, on y retrouve quelques ténors hollywoodiens tels Tommy Lee Jones ou Hal Holbrook, ainsi qu’un magnifique diva (3) en la présence de Sally Field qui a la lourde tâche d’interpréter Mary Lincoln, la femme, obligatoirement effacée par cet immense homme qu’était Lincoln.

 

Parce que Lincoln était un homme extraordinaire, qu’on le veuille ou non. IL a laissé une empreinte à son pays qui est telle qu’aujourd’hui encore de nombreux Américains se déplacent à Washington pour se recueillir au Lincoln Memorial, espérant y trouver une inspiration dans leur vie.

Et Spielberg, avec ce Lincoln, va réussir à faire revivre cet homme au-delà de ce que nous avions pu déjà voir pendant toutes ces décennies cinématographiques : de The martyred Presidents (Edwin S. Porter, 1909) à The Conspirator (Robert Redford, 2011, l’année précédant le film). Avec une mention spéciale à John Ford qui l’inclut dans quatre de ses films…

 

Mais à la différence des autres, Spielberg ne se contente pas de nous faire revivre un moment-clé de l’histoire américaine : il ressuscite pour nous Lincoln, en la personne de Daniel Day-Lewis qui ne se contente pas d’interpréter ce personnage : il est Lincoln, dans toute sa dimension, physique et morale. Lincoln n’est plus une légende, il est avant tout un homme.

Et Daniel Day-Lewis est un Lincoln plus vrai que nature, avec ses certitudes et surtout ses doutes et ses faiblesses, toujours en proie avec son passé que lui rappelle constamment Mary « Molly » Lincoln.

 

Il n’est alors pas étonnant de voir le nombre de récompenses attribuées à Daniel Day-Lewis tant sa performance est époustouflante (4). Parce que Spielberg réussit la prouesse d’emmener son personnage vers son destin (tragique) en conjuguant les deux aspects de ce grand homme : légendaire et humain. La ressemblance physique est frappante – tout comme celle de Jared « Moriarty » Harris avec Ulysses S. Grant pour ne citer que lui – et sa stature, sa silhouette sont constamment exploitées dans les différentes prises de vue. On retrouve le Lincoln qu’on a pu voir sur les photos et autres documents iconographiques qui nous ont été transmis avec le temps.

Mais, et c’est là qu’est l’immense talent de Spielberg, sans pour autant basculer dans une hagiographie facile quand il s’agit d’un personnage de cet acabit.

Et en plus, il réussit à éviter la séquence que tout le monde attend, maintes fois représentée depuis que le cinéma existe : l’assassinat du président. Avec en prime une superbe fausse piste qui accentue encore la portée tragique de l’événement.

 

Encore une fois : merci, monsieur Spielberg.

 

  1. En France, nous en sommes à la cinquième. Pour combien de temps encore ? Je me garderai bien de répondre…
  2. On aura plaisir à reconnaître Adam Driver dans un petit rôle…
  3. Restons dans le vocabulaire de l’opéra.
  4. N’oublions pas pour autant ceux qui lui donnent la réplique, indissociable de sa brillante performance.
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