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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Robert Redford
Lions for Lambs (Robert Redford, 2007)

Tout a commencé le 11 septembre 2001 : les avions, les Tours Jumelles… Le choc ! Les Etats-Unis étaient attaqués sur leur territoire.

La réplique de George W. Bush (le fils de l’autre) fut implacable : la guerre en Afghanistan.

Après avoir armé pendant des années les factions ennemies de l’URSS, voilà que ces mêmes factions se retournaient contre leur « bienfaiteur ».

Six ans plus tard, la situation n’a pas (beaucoup) évolué : la victoire promise a du mal à se dessiner.

C’est le moment que choisit le sénateur Irving (Tom Cruise), jeune loup républicain, pour donner une interview exclusive à Janine Roth (Meryl Streep), pour lui annoncer une énième opération stratégique.

Pendant ce temps, le professeur Malley (Robert Redford) reçoit le jeune et brillant Todd Hayes (Andrew Garfield) pour lui parler de son futur et surtout de son implication dans ses études, évoquant deux anciens élèves qui allèrent jusqu’au bout de leurs convictions sur l’engagement et s’enrôlèrent pour aller combattre en Afghanistan : Ernest Rodriguez (Michael Peña) et Arian Finch (Derek Luke).

Ces derniers, toujours dans le même temps, participent à l’opération dont parle Irving. Et cette opération qui devait amener la victoire ne se déroule pas comme prévue, bien entendu.

 

Avec ce film, Robert Redford nous démontre, une fois de plus, la capacité d’analyse dont est capable le cinéma américain sur des problèmes d’actualité : nul besoin d’attendre la fin du conflit pour commencer à l’exploiter, voire à en critiquer les erreurs.

D’une certaine manière, il s’agit d’un film très personnel où Redford expose ses convictions sur l’engagement, qu’il soit personnel, professionnel ou politique, les trois se rejoignant parfois. Redford fait partie de ces acteurs concernés par la situation politique de son pays, et qui se traduit par des rôles proches de ses convictions (All the President’s Men, The Company you keep…).

Bien sûr, le propos développé par l’intrigue, montrant – à nouveau – la faillite de l’Oncle Sam dans une guerre douteuse, n’a pas beaucoup fait pour le succès du film, l’exploitation étrangère permettant à Redford de rentrer dans ses fonds et même d’en tirer un substantiel profit (1).

 

Il faut dire que le conflit débattu est en cours au moment de la sortie du film et même après puisqu’il faudra attendre 13 ans (!) et le deuxième mandat de Barack Obama pour que le conflit soit officiellement terminé (à l’échelle internationale !).

Evidemment, 13 ans (2020) après le film (le temps du conflit, quoi), il est facile de remettre en cause certains éléments, surtout qu’entre temps, la principale cible de ces opérations militaires – Oussama Ben Laden – a été éliminé (2).

Et le film n’en conserve pas moins une analyse de la situation géopolitique très pertinente, sans oublier une critique ouverte de la méthode Bush pour promouvoir ce conflit.

 

C’est d’ailleurs ce dernier point qui lie les trois sous-intrigues du film.

En effet, l’engagement est central à toutes ces histoires, qu’il soit personnel (Todd), professionnel (Janine) ou politique (Irving). Sans oublier nos deux soldats qui par leur geste vont conjuguer ces trois niveaux d’engagement (3).

Todd parce qu’il est à un tournant de sa vie, ce que lui rappelle son professeur déçu de sa baisse d’implication et surtout de son discours cynique : à quoi bon faire quelque chose si au final ça n’aura rien amené de plus ?

Janine parce qu’elle est déjà tombée dans le piège de Bush : comme beaucoup de ses confrères, elle a appuyé le second conflit iraquien qui a amené l’élimination de Saddam Hussein certes, mais fut surtout un immense mensonge élaboré par les bellicistes, Bush Jr. En tête.

Quant à Irving, il est certainement e personnage l e plus important de ce film, personnifiant à la fois l’ambition et une certaine forme de malhonnêteté, véritable voix de son maître (le président), et surtout manipulateur habile. Sa déclaration finale à propos d’un avenir présidentiel prenant une teinte ironique et mordante au vu du reste du film, et surtout l’entretien entre Malley et son élève.

 

L’année suivante (2008), Obama était élu et la situation évoluait, la raison ayant tendance à prendre le pas sur les sentiments.

Malheureusement, le successeur de ce grand homme n’a pas continué dans cette direction, arrivant (presque) à nous faire regretter Bush Jr.

 

  1. 35 millions de dollars engagés : 15 millions de recette américaine ; 63 millions de recette mondiale…
  2. Voir à ce sujet Zero dark thirty.
  3. Comment ? Je vous laisse aller voir.
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