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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Ken Loach
Looking for Eric (Ken Loach, 2009)

La vie d’Eric Bishop (Steve Evets) est une vie de merde. Il a la cinquantaine, séparé tout juste après son mariage, vit dans une maison en désordre avec deux garçons (1) qui n’en font qu’à leur tête quand ils ne lui manquent pas de respect.

Pas étonnant alors qu’il essaie de sortir de cet enfer… Définitivement. En prenant un rond-point à  contre-sens, par exemple.

Et puis un soir qu’il est toujours seul, après avoir roulé un joint avec ce que cache Ryan, l’un de ses « enfants », il fait une rencontre. Non, LA rencontre : Eric Cantona.

Pour Eric (le facteur), rencontrer Eric (Cantona), c’est comme une apparition divine (2).

Alors bien entendu, sa vie va changer.

 

On retrouve dans cette comédie – dramatique, mais comédie tout de même – la teinte sociale qui baigne les films de Ken Loach. La vie d’Eric n’a rien à envier à celles d’autres « héros » du réalisateur. Mais cette fois-ci, les choses évoluent dans le bon sens.

Pourtant, ce n’était pas gagné : les films et le football n’ont pas toujours fait bon ménage. Mais surtout, on n’attendait pas Loach ici.

 

Certes le football et les supporters sont une donnée importante du film, mais c’est plus une toile de fond et une échappatoire pour sortir de la grisaille de Manchester. C’est surtout le dédoublement entre les deux Eric qui fait tout le sel du film. La première apparition est de l’ordre hallucinatoire : Cantona tient une grande place dans la vie d’Eric. Il revit sans cesse ces moments magiques (pour lui) quand le footballeur a fait les beaux jours de Manchester (3). Bien sûr, on a quelques images de cette période, mais le plus frappant, c’est le poster en taille réelle dans la chambre d’Eric. Cette chambre est d’ailleurs le seul endroit de la maison à peu près en ordre. Mais il faut dire que les deux garçons n’y viennent jamais.

 

Mais au fur et à mesure du film, les apparitions deviennent moins imaginaires : bien qu’il soit le seul à le voir, il n’a plus besoin d’un adjuvant pour le voir et lui parler : il l’accompagne dans ses tournée, court avec lui.

Cantona qui était sur le mur est entré dans sa vie, le motivant pour changer.

 

J’ai beau avoir du mal à supporter Cantona, je trouve que l’alchimie fonctionne. Le destin de ce « petit homme » (petit comparé Canto) est influencé par ce footballeur qui n’est même pas anglais. C’est une conséquence du postulat mancunien : « Cantona est le roi, Cantona est Dieu. » Et l’apparition devient alors tout à fait logique : Eric (Bishop) a vu son dieu et il va suivre ses préceptes pour changer sa vie. Doucement au début, puis de plus en plus fortement jusqu’au point culminant lors d’un déplacement de l’équipe des « diables rouges », déplacement en deux temps dont seul le premier nous intéresse.

 

Pas besoin d’aimer le football pour aimer ce film, mais je pense que mon grand ami le professeur Allen John aurait beaucoup de mal à le visionner : son aversion pour le football est palpable, et je ne peux vraiment pas lui en vouloir…

Et malgré tout, on se laisse gentiment aller devant cette belle comédie (5), où on retrouve une grande générosité chez les différents protagonistes dont beaucoup sont réellement originaires de Manchester.

Mais, et c’est là qu’est peut-être le plus intéressant, Cantona est supportable. On ne lui fera pas jouer Shakespeare pour autant, mais tout de même, jouer son propre rôle sans tomber dans la grandiloquence ou la parodie demande un tantinet de talent, et surtout une bonne mise en scène. On a les deux.

 

Et on se réjouit dans limite de cette « petite » destinée, celle d’un homme ni mieux ni mire que les autres, mais qui essaie d’arriver à quelque chose, et ainsi de donner le sens qui manquait à sa vie.

 

C’était peut-être cet Eric-là qu’il cherchait…

 

 

PS : vous aviez remarqué que Steve Evets était un palindrome ?

  1. Tous les deux (Gerard Kearns & Stefan Gumbs) sont les enfants de deux « ex » d’Eric.
  2. L’un des « hymnes » des supporters mancuniens (= de Manchester) est clair : Jésus c’est Cantona.
  3. United. City, ce sont les autres (pouah !).
  4. Red Devils : il n’y a pas que les Belges qui ont une équipe qui s’appelle ainsi.
  5. Par essence, une comédie se termine toujours bien.

 

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