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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Frank Tuttle, #Louise Brooks
Le galant Etalagiste (Love 'em and leave 'em - Frank Tuttle, 1926)

« On les prend, on les jette », tel pourrait être une traduction du titre original, bien loin de ce galant étalagiste – Bill Bilingsley (Lawrence Gray) – qui au final n’est pas si galant que ça.

En effet, il travaille dans le grand magasin de Ginsburg, et on lui propose, suite à une bonne idée, d’en décorer la vitrine. Sauf que cette bonne idée, c’est Mame Walsh (Evelyn Brent) qui l’a eue. Mame est orpheline et veille sur sa petite sœur Janie (Louise Brooks) depuis la mort de leur mère.

Bien sûr, Mame et Bill tombent amoureux et ce dernier ne rechigne pas d’avoir l’aide de cette dernière pour composer ses « propres » vitrines. Mais Mame part en vacances et Bill demande à Janie de remplacer sa sœur. Ce remplacement va même se prolonger en dehors du temps de travail, puisque Bill ne va pas résister longtemps au charme de cette petite sœur…

 

Le titre original s’explique surtout par une sortie de Mame, désespérée d’avoir découvert que Bill avait une relation avec sa sœur : elle nous explique que c’est elle qui prend les hommes et les jette, alors pourquoi s’en faire avec Bill. Sauf que si elle est désespérée, c’est avant tout parce qu’elle l’aime toujours, malgré cette aventure contrariante. Et s’il y a une femme qui passe d’un homme à l’autre, c’est bien entendu Janie qui sait utiliser son corps – et un peu son esprit, n’en déplaise à Bill- pour « réussir. »

Et ce film nous montre bien où en était la société quant à la place de la femme : c’est Bill qui reçoit les honneurs pour les brillantes idées e vitrine de Mame. Et c’est Janie qui est prête à tout pour réussir : sous entendu flatter voire coucher (1).

 

Bien sûr, si ce film conserve quelque intérêt 95 ans après, c’est avant tout à Louise Brooks qu’on le doit. Mais encore une fois, elle n’a pas le premier rôle, même si elle est très importante à l’intrigue. Et ce qui manque à son personnage, c’est avant tout une certaine dose (2) de moralité : non seulement, elle saute sur tout ce qui bouge et qui est masculin, mais en plus, elle n’est pas d’une probité exemplaire puisqu’elle n’hésite pas à jouer l’argent du bal aux courses par l’intermédiaire de son voisin de palier, Lem Woodruff (Osgood Perkins).

Et c’est d’ailleurs ce dernier qui est le véritable méchant du film : certes Janie joue aux courses mais ce monsieur déplaisant l’arnaque (dans les grandes largeurs) sans aucune vergogne, amenant Mame dans cette sous intrigue financière dégradante pour elle (3).

 

Mais heureusement Townsend Martin (le scénariste) veille et par l’intermédiaire de Frank Tuttle et son chef opérateur (George Webber) il va démêler cette situation intenable pour cette jeune femme. Jeune femme certes, mais loin d’être faible : sa façon de récupérer l’argent barboté par Lem vaut son pesant d’or : ça commence par un bras qui l’attire violemment dans sa chambre, et ça se termine dans un lit pliant… Plié !

Et Louise Brooks dans tout ça ? Elle est très belle (normal) et tout de même le véritable moteur de cette intrigue : elle amène l’élément tragique indispensable à toute comédie et favorise de la même façon la réunion – inévitable – des deux jeunes amoureux.

 

Bref, tout est bien qui finit bien, et puis c’est tout !

 

  1. Attention, il n’est pas dit que Janie couche avec tout ce petit monde, mais sa résolution d’intrigue ne laisse que très peu de doute…
  2. Voire une dose certaine.
  3. Miss Streeter (Marcia Harris), la véritable organisatrice du bal veut dénoncer Mame à la police si elle ne rend pas l’argent qu’elle croit qu’elle a volé.
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