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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Comédie, #Robert Altman, #Robert Duvall
M*A*S*H* (Robert Altman, 1970)

Mobile Army Surgical Hospital (Unité chirurgicale de campagne).

C'est la Corée, comme l'annonce le début du film.

Nous suivons la vie d'un hôpital militaire pendant cette guerre.

Le front n'est pas loin et des blessés arrivent régulièrement par hélicoptère.

Mais des chirurgiens aussi, arrivent. C'est le cas de Benjamin F. « Hawkeye» Pierce (Donald Sutherland) et Augustus B. Duke Forrest (Tom Skerritt), arrachés à la vie civile pour soigner les blessés. Ils seront rapidement rejoints par John « Trapper » McIntyre (Elliot Gould) et l'inénarrable Major Margaret » Hot Lips » Houlihan (Sally Kellerman).

 

Coup double pour Robert Altman : faire un film de guerre sans jamais la voir et nous faire rire. Du début à la fin, il jongle avec deux idées - a priori étrangères l'une de l'autre - avec beaucoup de talent. Et sans avoir recours à l'humour bidasse, qui n'a d'humour que le nom.

Il y a dans ce film un équilibre parfait entre le comique et la gravité. A chaque élément, son pendant.

Même si le rire l'emporte, on ne peut pas oublier que la réalité de la guerre est là, les blessés soignés étant les témoins de ce conflit meurtrier.

On a beau être dans un lieu militaire, la discipline n'est pas très présente. Elle ne s'exerce qu'en tout dernier recours (usage de la violence). On en oublierait presque ce ces gens sont avant tout des soldats.

Alors on rit. Mais à chaque fois, c'est de courte durée : le sang est omniprésent. Ce ne sont que soldats criblés de balles, déchiquetés, amputés ou même morts qui font le quotidien de ces médecins.

Quelques séquences sont devenues cultes :

- le suicide de « Painless » Pole Waldowsky (John Schuck), qui nous permet de réécouter la chanson du générique : Suicide is painless*. Un suicide pour de rire certes, mais tout de même un thème peu exploité de cette façon dans une comédie. C'est aussi l'occasion d'un bel hommage à la Cène de Vinci.

- la douche de Hot Lips, suite à un paris grivois : est-elle réellement blonde ? Je vous laisse découvrir qui gagne le pari.

- le match de football (américain) entre les carabins et une équipe de vrais soldats. Un grand moment où tous les coups sont permis.

Avec ce film, ce sont aussi des tabous militaires qui sont abordés : comment se conduisent les soldats loin de leur foyer (adultère) ainsi que les moyens de tenir le coup : alcool, drogue. les docteurs boivent des Martini dry à gogo, ou encore du whisky. L'annonceur militaire - autre élément comique du film - rappelle d'ailleurs que l'usage de la marijuana est dangereux pour la santé. Cela n'empêche pas une partie des joueurs de football de se partager un joint...

Ce sont près de deux heures de spectacle dans lequel on prend plaisir à regarder ces grands enfants indisciplinés qui en un tournemain deviennent des praticiens pointus afin de sauver un maximum de patients.

 

La musique joue aussi un grand rôle dans ce film. Entre les tubes de Radio Tokyo - des resucées de succès américains à la mode orientale - et Suicide is painless, quelques perles :

- la musique d'introduction de Hawkeye alors que défilent les déclarations de McArthur et Eisenhower n'est pas sans rappeler l'ouverture des films de la Fox, alors que Donald Sutherland passe tout près des latrines !

- It's Time to say Sayonara (« il est temps de se dire au revoir») quand Frank Burns (Robert Duvall) est transféré vers un endroit qui lui conviendra mieux (je vous laisse découvrir lequel)

- La musique du match de football : on a plutôt l'impression d'une parade de cirque au début. Et en fin de compte, on a raison !

 

Un régal. Et puis Donald Sutherland et Elliot Gould forment une magnifique paire d'acteurs.

 

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