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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Josef von Sternberg, #Howard Hughes, #Nicholas Ray
Le Paradis des mauvais garçons (Macao - Josef von Sternberg, 1952)

Macao, enclave portugaise de l’Extrême-Orient.

Outre le jeu, le trafic est omniprésent, amenant toute sorte de personnes (d’où le titre français). Et bien sûr les policiers qui veulent limiter toutes ces exactions. L’un d’entre eux est d’ailleurs tué, et on en envoie alors un autre. Mais celui-ci est immédiatement repéré à son arrivée : Nick Cochran (Robert Mitchum), qui a toutes les allures d’un dur.

Halloran (Brad Dexter), qui a fait tuer le policier précédent va tout mettre en œuvre pour le maîtriser, à défaut de l’éliminer définitivement.

Sauf que ce n’est pas lui le policier…

 

On a connu Josef von Sternberg plus inspiré. Il faut dire – à sa décharge – qu’il n’est pas à l’origine de ce film (loin de là) : c’est Howard Hughes qui produit et donc installe ses gens : Jane Russell (Julie Benton) et Robert Mitchum. Pis que cela : il va carrément remplacer Sternberg par Nicholas Ray. Si cela n’a pas influé sur le devenir du film (un échec), cela a au moins permis à l’équipe de respirer un peu mieux : Sternberg n’était pas un réalisateur très facile de prime abord, alors quand en plus on lui dit ce qu’il doit faire…

Pourtant, il y avait de quoi faire quelque chose.

 

Si la séquence d’introduction – le meurtre du policier – nous appâte, il va tout de même falloir attendre un bon moment avant que l’action – indispensable dans une histoire de trafic – s’invite et que le film s’emballe : le reste du temps, ce sont essentiellement des dialogues plus ou moins inspirés, avec tout de même quelques plans qui nous rappellent que Sternberg était aux commandes. Mais cela ne suffit pas.

Si Jane Russell est toujours aussi belle, son personnage n’a pas grande épaisseur et on se dit que si elle n’avait pas été là, il n’y aurait pas eu beaucoup de changement dans l’intrigue (1) : elle chante avec une belle voix chaude, et presque 10 ans après Le Banni, elle n’a rien perdu de son sex-appeal. Mais cela ne suffit pas. Et on peut trouver l’explication de ce rôle un tantinet diaphane dans l’opposition de Sternberg à son encontre : « qu’allons-nous faire de cette ravissante idiote ? » (2) lui aurait-il même dit…

 

Au final : un réalisateur obligé de tourner un film qu’il ne maîtrise pas avec des acteurs qu’il ne sent pas (pour cette même raison) ; un tournage chaotique du fait de cette absence de maîtrise sur le sujet (il n’a pas participé au scénario comme il en avait l’habitude) ; un remplacement (presque) de dernière minute pour finir le film ; une palanquée d’écrivains pour élaborer un scénario pas toujours convainquant… (Je vais en rester là…)

Alors évidemment, le film fut un four, et encore une fois, cela est bien dommage parce que la rencontre Mitchum/Russell avait un potentiel intéressant.

Même Brad Dexter – impeccable dans le rôle du méchant – ne réussit pas à tirer son épingle du jeu : lui aussi souffre de la minceur de son personnage qui aurait pu avoir un aspect beaucoup plus inquiétant et surtout dangereux.

Mais non. Dommage.

 

PS : même si j’apprécie Vladimir Sokoloff (Kwan Sum Tang, le mendiant aveugle), je pense tout de même qu’on aurait pu engager un véritable acteur d’origine asiatique pour interpréter son rôle. Ce n’était pas ça qui manquait à Hollywood… Cela aurait en plus évité un maquillage un brin outrancier (tout le monde n’est pas Lon Chaney…). 

 

  1. On n’aurait pas la même réplique finale…
  2. “What are we going to do with this beautiful stupid girl?”
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