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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Robert Z. Leonard
Mademoiselle Minuit (Mademoiselle Midnight (Robert Z. Leonard, 1924)

La jeune et belle Renée de Quiros (Mae Murray) est frappée d’une malédiction ancestrale : sa grand-mère Renée de Gontran (Mae Murray) était une jeune femme fantasque exilée au Mexique par l’impératrice Eugénie (Clarissa Selwynne) pour sa conduite scandaleuse : ses frasques nocturnes l’avaient fait surnommer « Mademoiselle Minuit » (d’où le titre).

Aujourd’hui, l’aïeule est morte depuis longtemps, mais la jeune Renée est tout de même cloîtrée dans sa chambre quand vient la nuit.

Un soir qu’elle fait le mur, l’hacienda familiale est attaquée par le bandit Manuel Coralles (Robert McKim) qui tue son père (Robert Edeson).

Elle est alors recueillie par son oncle Jose (Nick de Ruiz) qui fait partie d’un groupe de conspirateurs prêts à renverser le régime pour lequel le père de René a donné beaucoup.

Mais le jeune diplomate Jerry Brent (Monte Blue), amoureux de la jeune femme va tout faire pour la récupérer.

 

Après un prologue un tantinet convenu voire inutile, nous entrons dans le vif du sujet (ou plutôt de l’intrigue) avec cette jeune fille semble-t-il normale mais qui aurait des crises la nuit. Et c’est là que le bât blesse. A aucun moment on ne la voit se déchaîner, comme contrôlée par une puissance démoniaque et lubrique comme on pouvait l’imaginer. Au contraire, les quelques références à son ancêtre sulfureuse viennent de surimpressions fugaces qui voit une Mae Murray légèrement vêtue. Rien de bien méchant que tout ça. Et c’est bien dommage parce qu’on aurait attendu quelques élément véritablement parlants (ou du moins visuels) de cette conduite si extravagante. Mais Robert Z. Leonard n’est pas Stroheim et le spectateur reste sur sa faim.

Peut-être aussi que la présence de Mae Murray – madame Leonard à la ville – a découragé le metteur en scène d’exposer sa femme dans des attitudes (soi-disant) choquantes.

 

Toujours est-il qu’au lieu d’une folle, nous avons droit à une jeune femme tout à fait normale, avec les envies de son âge (1). Rien dans sa conduite ne laisse présager cette folie annoncée. La première séquence qui nous la montre donne d’ailleurs le ton : c’est une jeune fille courageuse mais pas téméraire et la teinte du film est à la comédie.

Oui, mais voilà : cette comédie ne fera que poindre dans cette intrigue politique avec ces conspirateurs de tous poils, oscillant sans cesse entre les deux tendances, la seconde prenant le pas sur la première.

Et c’est là que Leonard, encore une fois, rate l’occasion. Sa constante hésitation de ton entre le sérieux de l’intrigue politique et le potentiel comique de Mae Murray fait basculer le film vers le premier au détriment du second, et ce n’est pas la présence de Monte Blue (impeccable toutefois) qui rattrape le film.

 

On reste constamment sur sa faim devant cette comédie dramatique qui ne trouve jamais le véritable ton indispensable au bon fonctionnement du film. Seule (petite) consolation : une collection de méchants de toute beauté. Outre l’oncle qui est une malfaisant de la pire espèce, on trouve parmi ses sbires une domestique familière, la formidable Mathilde Comont (2), et le non moins talentueux Nigel de Brulier, habituels des rôles du genre, interprétant ici un docteur des plus inquiétants.

Mais ça ne suffit pas.

Dommage.

 

  1. Mae Murray, qui interprète ici une (très) jeune femme, va sur 35 ans quand le film sort.
  2. Elle interprète le prince perse dans le magnifique Voleur de Bagdad
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