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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Aleksandar Petrovic
Le Maître et Marguerite (Majstor i Margarita - Aleksandar Petrovic, 1972)

Le « Maître » Nikolaj Afanasijevic Maksudov (Ugo Tognazzi) fait répéter sa nouvelle pièce de théâtre : Ponce Pilate. Il aperçoit puis rencontre une jeune femme, Marguerite (Mimsy Farmer), de qui il tombe amoureux. Et c’est réciproque.

Mais nous sommes dans l’URSS de l’entre-deux guerres, et une pièce au contenu religieux est très mal vue des autorités qui vont tout faire pour la saboter.

Heureusement (?), le Maître à un ange gardien qui veille sur lui : le professeur Woland (Alain Cuny), spécialiste en Magie Noire. Sauf que c’est un ange déchu connu sous d’autres noms, Lucifer étant le plus emblématique (1).

 

C’est un film halluciné qui nous est ici proposé. Nous naviguons dans les eaux troubles du fantastique, mais malheureusement sans le savoir faire américain, ce qui se fait ressentir à différents moments. Du roman de Mikhaïl Boulgakov (écrit entre 1927 et 1939), l’intrigue en est (très) librement inspirée, mais le film reste malgré tout un pur produit de son époque : les années 1970.

Entre hallucinations et racolage, Aleksandar Petrović tente de mener à bien son film dont les effets spéciaux laissent tout de même à désirer.

 

On peut établir un parallèle entre ce film et Les Visiteurs de Soir de Marcel Carné. En effet, l’un des personnages centraux est là aussi le Diable, accompagné de deux acolytes singuliers : Azazello (Pavle Vuisic) et Korovjev (Velimir « Bata » Zivojinovic). Et, cerise sur le gâteau, c’est cette fois-ci Alain Cuny qui interprète le Diable, alors qu’il n’était qu’un démon de seconde zone trente ans plus tôt.

Mais à la différence du film de Carné, Cuny est ici beaucoup plus convaincant (2) : il possède le flegme et la retenue indispensable au rôle pour en faire un personnage fascinant.

 

Et d’une certaine manière, c’est l’interprétation qui sauve ce film pas toujours très bien fichu : comme je l’ai déjà écrit plus haut, les effets spéciaux ne sont pas convaincants (pas toujours très bien réalisés surtout), et le final dénudé (3) qui ajoute à la confusion de l’intrigue.

Outre Alain Cuny, on relèvera la très belle interprétation d’Ugo Tognazzi et on regrettera quand même la sous utilisation de Mimsy Farmer, dont le personnage qui partage le titre est beaucoup moins visible que son partenaire.

Mais on retiendra surtout les prestations des deux démons, avec, pour ma part, une préférence pour Pavle Vuisic, truculent à souhait (son allure joue beaucoup dans ce sens…).

 

Dernier point qui fait que ce film, malgré les réserves avancées plus haut, restera dans les mémoires : la musique d’Ennio Morricone. Encore une fois, le Maestro (4) nous gratifie d’une très belle musique. C’est d’ailleurs parce que je la connaissais que je me suis laissé tenter à regarder ce film…

 

  1. « Celui qui apporte la lumière. »
  2. D’un autre côté, l’être moins était difficile !
  3. Grande tendance des années 1970 depuis le renouveau du cinéma pornographique (1969) : il fallait du nu (d’où l’idée de racolage énoncée plus tôt)
  4. N’est-ce pas lui le véritable « Maître » du film ?
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