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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Alice Winocour
Maryland (Alice Winocour, 2015)

Vincent (Mathias Schoenaerts) revient d’Afghanistan avec des fêlures dans la tête. En attendant le feu vert pour une nouvelle mission, il accepte une sécurité proposée par son ami Denis (Paul Hamy). Il s’agit d’une fête organisée par un riche Libanais, Imad Whalid (Percy Kemp).

Comme la soirée se déroule bien, on propose à Vincent de continuer pendant une semaine, assurant la protection de la femme de Whalid, Jessie (Diane Kruger) et leur fils Ali (Zaïd Errougui-Demonsant).

Mais si la soirée s’est déroulée normalement, le « baby-sitting » annoncé tourne au cauchemar : ils sont attaqués lors d’une sortie et on a cambriolé la maison pendant leur absence.

 

Avec Maryland, Alice Winocour réalise un film doublement « américain » : un thriller haletant (un peu quand même) ainsi qu’une incursion dans le stress post-traumatique des soldats, thème qu’on retrouve plus facilement outre-Atlantique.

Vincent revient d’Afghanistan ce qui ne fut pas une partie de plaisir : la liste de ses séquelles étant à elle seule une contre-indication pour effectuer la sécurité qui lui est proposée.

Et Winocour va suivre les événements essentiellement du point de vue de Vincent, utilisant une bande-son adéquate pour nous faire ressentir les émotions de ce soldat abîmé par les conflits : le travail de Gesaffelstein suit très bien l’évolution du personnage principal dont la perception est faussée par le stress déjà mentionné.

 

Progressivement, l’ambiance va se tendre, et ce qui semblait une chimère va devenir une réalité : la première alerte que ressent Vincent était bonne, n’en déplaise à ce que pensait sa cliente.

A partir de la première agression, Alice Winocour va continuer à faire monter la tension jusqu’à l’affrontement final – il y en a un, bien sûr – et amener progressivement la violence à un paroxysme.

Mais malgré tout cela, c’est bien la condition dans la tête de Vincent qui reste le fil rouge du film : la bande-son, mélangeant bruits réels et musique électro de Gesaffelstein ajoute au désordre qui y règne.

De plus, Mathias Schoenaerts s’est mis dans des conditions extrêmes – comme Matt Damon dans Courage under Fire – allant jusqu’à mettre sa propre santé en danger.

 

Il faut croire que cela valait le coup de le faire puisque son interprétation de Vincent est des plus convaincantes.

A ses côtés, Diane Kruger n’est pas seulement belle : nous assistons progressivement à une forme de décadence de son personnage. En effet, elle est absolument magnifique pendant la fête initiale mais à mesure que la tension s’installe, son apparence se dégrade : ses priorités ne sont plus les mêmes, elle apparaît alors telle qu’elle est vraiment, une femme qui n’a d’autre but dans la vie que de s’occuper de son fils, son mari – pas toujours présent – gagnant largement de quoi les faire vivre confortablement.

 

Leur relation est aussi intéressante car on assiste à une relation amoureuse fort étrange : à aucun moment ils ne vont faire l’amour, et si on se rappelle l’état d’esprit de Vincent cela n’est aucunement étonnant. Comme le confie Denis à Jessie : « Vincent est encore un peu là-bas ». Ajoutez à cela les réponses qu’il a faites au psy qui l’interrogeait, et vous comprendrez rapidement l’incapacité amoureuse.

Mais cela ne l’empêche pas de désirer cette femme, alors que dans le même temps il la terrorise : qui pourrait rester de marbre face à un tel individu ?

 

Et la toute dernière – et brève – séquence, avant les crédits de fin, constitue alors l’aboutissement de l’état d’esprit de Vincent : j’espère que vous n’y avez pas cru…

 

PS: Et « Maryland » dans tout ça ? C'est le nom de la villa.

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