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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Claude Sautet
Max et les Ferrailleurs (Claude Sautet, 1971)

Max (Michel Piccoli), c’est un inspecteur. Un de ces policiers qui en a un peu assez de ces truands qui s’en sortent toujours grâce à un bon avocat, malgré tout le mal qu’ils aient pu faire.

Un jour qu’il est sur un coup, il retrouve un ancien camarade de régiment Abel Maresco (Bernard Fresson), devenu petit truand depuis. A travers Lily Ackermann (Romy Schneider), prostituée, Max va amener  ce dernier à élaborer un grand coup : braquer une banque.

Pour un petit ferrailleur comme Abel, c’est inespéré. Sauf que la mort est au rendez-vous.

 

Voici un de ces films – très beau  par ailleurs – qui fleure bon les années1970 : De Gaulle a passé la main (un peu forcé d’ailleurs) à Pompidou, et la sécurité est toujours un élément prépondérant dans la politique française. Tellement qu’on en est à espérer des grands coups chez les gangsters, histoire de limiter le cheptel. Rappelez-vous, c’était déjà le cas chez Lautner dans son Pacha trois ans plus tôt (1). C’est bien sûr gênant cinquante ans plus tard, mais il faut se replacer dans le contexte : on comprend mieux pourquoi Jacques Mesrine n’a pas réchappé à l’embuscade qui lui a été tendue le 2 novembre 1979.

 

Mais nous sommes ici au cinéma, et foin de polémique. Nous avons droit avant tout à un de ces films français de l’époque, avec ces figures connues appartenant à des figurants plus ou moins habitués de l’époque – Dominique Zardi (le garagiste Barduch) en tête – et qu’on va retrouver dans cette décennie et même après. Et parmi cette brochette de gueules connues, on appréciera à sa juste valeur la prestation de Boby Lapointe, dans le premier d’une série de quatre films cette année-là (sa plus prolifique). Hélas, son rôle semble prémonitoire…

 

Mais c’est aussi la grande période de cette extraordinaire actrice qu’était Romy Schneider (Lily Ackermann), déjà aux côtés de Michel Piccoli qu’elle retrouve après Les Choses de la vie (1970), avec le même Claude Sautet à la réalisation. Même si son rôle est assez limité – elle n’apparaît pas tout de suite, l’accent étant mis sur l’enquête (le coup ?) de Max, elle interprète avec toujours le même talent cette jeune femme amoureuse, victime et instrument dans les mains e ce policier qui ne veut pas dire son nom (et surtout sa fonction), mais qui est amoureux d’elle (2).


Et au final, nous avons un film plutôt sombre – voire noir ? – où Max va tout maîtriser jusqu’au point de rupture qui le fera plonger par amour (non révélé) pour cette jeune prostituée rencontrée quelques semaines (jours ?) plus tôt.

 

ATTENTION, une grande partie de la résolution de l’intrigue va être révélée.

 

Bien sûr, Piccoli est formidable, tout en sobriété, face à d’autres pointures telles Georges Wilson (le commissaire) ou encore François Périer (Rosinsky, inspecteur à Nanterre où vivent les ferrailleurs). Mais ce qui fait la force – involontaire ? – de ce film, c’est le contraste, voire l’opposition de l’intrigue par rapport à l’objectif annoncé de ce même Max : certes, il v a amener ces petits truands à passer à l’acte, mais son geste final envers Rosinsky, mais surtout pour Lily, remet totalement en cause sa position initiale.

Qu’est-ce qu’on est idiot quand on est amoureux ? Je ne pense pas.

Max, de ce fait, donne les limites de cette politique sécuritaire qu’il appelle de ses vœux.

Rien n’est simple : le monde n’est ni blanc ni noir.

 

Un film à voir. Vraiment.

 

  1. « Moi, les peaux-rouges je vais plus les envoyer devant les jurés de la Seine, comme ça il n’y aura plus de non-lieu ni de remise de peine : je veux organiser la Saint Barthélémy du mitan ! » (Louis Josse)
  2. Qui ne le serait pas à sa place ?
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