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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Neil Jordan, #Historique
Michael Collins (Neil Jordan, 1996)

Irlande, 14 avril 1916.

Le soulèvement de Pâques a fait long feu.

Les conjurés seront exécutés (dont Connolly sur une chaise car il pouvait plus tenir debout.

Parmi les prisonniers : Eamon « Dev » de Valera (Alan Rickman) et Michael Collins (Liam Neeson).

Six ans plus tard, Collins tombe sous les balles de l’IRA.

 

Depuis La Liste de Schindler, Liam Neeson est passé au premier plan. C’est une bonne chose pour nous cinéphiles, et aussi pour Neil Jordan qui lui donne ce rôle de révolutionnaire irlandais tiraillé entre son devoir et le pragmatisme de la situation.

C’est Joe Reilly (Ian Hart) qui raconte l’ascension de Collins jusqu’à ce jour funeste du 22 août 1922, date de sa mort.

 

Neil Jordan nous propose ici une magnifique fresque sur la vie – et surtout la mort – de Michael Collins (1890-1922). Certes il y a une teinte hagiographique dans cette épopée, mais nous assistons tout de même à un grand pan de l’histoire irlandaise : la lutte qui aboutit à l’indépendance et la création de la République d’Irlande.

Mais on ne peut pas parler de Collins sans évoquer De Valera, autre (grand) artisan de l’Indépendance.

Mais surtout, l’affrontement inévitable entre ces deux hommes est a pour origine la promulgation du traité de 1921, amenant un cessez-le-feu ainsi qu’une situation inextricable qui perdure - d’une certaine façon – encore aujourd’hui.

 

Le moment-clé du film est l’instant où Collins accepte de représenter l’IRA (la vieille, historique) dans les négociations de paix et à plus ou moins long terme la promulgation unilatérale de l’Eire.

Mais malheureusement pour Collins,  les cartes sont faussées et il se rend compte qu’il supplée De Valera dans une négociation qui sera défavorable avant même toute discussion.

Mais Collins est un patriote et c’est de bonne foi qu’il accepte ce mandat un tantinet corrompu : il sait qu’accepter le traité ne contentera pas tout le monde, mais il sait surtout qu’en acceptant, il laisse toute latitude à De Valera pour l’avenir. Ce dernier sera élu président de l’Irlande en 1932 et amendera, voire modifiera, les clauses du Traité de 1921 à l’avantage de la République d’Irlande attendue onze ans plus tôt.

 

Neil Jordan est irlandais. Et de ce fait, un tel film est une façon de parler de son pays et surtout de la période troublée de l’Indépendance (1916-1922) pendant laquelle de nombreux patriotes donnèrent leur vie à la cause irlandaise.

Mais avec ce film, c’est une façon pour lui de rendre hommage à un homme qui a littéralement donné sa vie pour son pays.

Certes, ses positions après le cessez-le-feu furent critiquées par sa base. Mais le fait que ce soit lui qui ait été le représentant des insurgés n’est pas anodin. En effet, De Valera se rendit bien compte que ce traité était la meilleure solution pour sortir de ce conflit, et c’est pourquoi il a laissé Collins y aller à sa place. Mais de cette façon, il se préparait pour l’avenir : il était un héros du soulèvement de Pâques (historique, donc) ainsi qu’un artisan du cessez-le-feu. Mais plus que tout ceci, il reste vierge de tout compromis entre la Couronne et l’IRA.

Collins en est conscient, mais il assume, jusqu’au bout son rôle de « compromis ».

 

Mais nous sommes au cinéma, et Jordan nous dépeint un personnage charismatique et engagé comme on les aime. Liam Neeson est un leader magnifique, jusque dans la mort.

A ses côtés, Julia Roberts est une femme tiraillée entre lui et son ami Harry (Aidan Quinn) : Harry pour son physique, Michael pour ce qu’il est.

Dans une certaine mesure, elle est un personnage accessoire, mais comme c’est Julia Roberts, on s’en fiche.

Autre grande figure : De Valera. Alan Rickman est un interprète magnifique de ce héros irlandais. Mais peut-il en être autrement ? Alan Rickman était un acteur formidable, surtout dans des rôles ambigus avec une teinte de méchanceté comme dans la saga Harry Potter ou carrément méchant comme dans Piège de Cristal.

Il est un De Valera crédible avec cette pointe de flegme britannique qui le caractérise dans ses autres rôles.

 

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – o peut préférer à ce film le traitement que Ken Loach en fait dans Le Vent se lève. Ici, nous avons affaire à la Révolution irlandaise comme on pourrait la trouver dans les manuels d’histoire, alors que Loach reste constamment à un niveau très humain, ses personnages – anonymes – pouvant plus facilement représenter les Irlandais.

Mais malgré tout, le film de Jordan possède le souffle épique qui nous fait différencier les événements et les moments historiques.

Même si le film est partial – comment ne pas l’être dans un tel contexte – il possède le souffle épique qui rend hommage à ce soulèvement qui devint guerre (d’indépendance avant d’être civile) et qui a modelé l’Irlande telle que nous la connaissons.

 

En attendant la réunification des deux Irlandes : inéluctable certes, mais quand ?

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