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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alan Parker, #Oliver Stone, #Prison
Midnight Express (Alan Parker, 1978)

Midnight Express, c’est le surnom que Max (John Hurt) donne à l’évasion. C’est sûr, les chances de s’évader la nuit sont plus grandes. Et l’évasion, c’est la seule façon qu’a William Hayes (Brad Davis) de retourner chez lui, aux Etats-Unis.
William Hayes, c’est un jeune étudiant qui, un jour, a décidé de ramener du haschisch de Turquie. Mauvaise inspiration : il est arrêté à la montée dans l’avion, laissant sa petite amie Susan (Irene Miracle) rentrer seule.

On ne plaisante pas avec la drogue en Turquie : Hayes se retrouve en prison.

 

Alan Parker et Oliver Stone sur la même affiche. Il y a de quoi rêver. Mais le sujet ne s’y prête pas : les conditions d’incarcération dans la prison d’Istanbul ne sont pas idylliques.

Il faut dire que Stone a un tantinet exagéré la réalité, décrivant la prison comme un lieu de sévices (sexuels ou non) où les prisonniers, à un moment, deviennent fous. Mais cela n’a rien d’étonnant quand on connaît ce réalisateur : ses films emblématiques – Salvador, Platoon, JFK – sont autant de démonstrations, voire de dénonciations de dysfonctionnements ou d’états de fait. Mais ici, c’est un autre pays qu’il dénonce (après cela, il s’occupera des travers de son propre pays), forcissant le trait afin de faire prendre conscience au public de la vie dans une prison, quitte à en rajouter. Il s’en excusera plus de vingt-cinq ans après. Toujours est-il que le « mal » était fait : pour le public, les prisons turques étaient devenues l’antichambre de l’enfer.

 

Il faut dire que Parker a très bien recréé cet enfer que lui proposait le grand Oliver. Nous suivons la déchéance progressive de Hayes alors que le film avance. Régulièrement, il arrive un  élément qui lui rend la vie dans cette prison encore plus difficile, jusqu’à l’envoyer dans la section des criminels aliénés. Cette partie du film – la dernière – est peut-être la pus impressionnante : on y rencontre de magnifiques trogne de dingos, encore plus réussis que Vol au-dessus d’un Nid de coucous. Et surtout, il y a le bruit. Plus que la surpopulation et les comportements étranges des « résidents », c’est le bruit qui rend encore plus fou. Terrible.

Alors qu’importe qu’ils aient pris des libertés avec l’histoire (vraie) originale : ils ont visé juste.

 

Avec ce film, Parker continue la lignée des films pénitentiaires. Mais près de cinquante ans après Je suis un évadé, le ton a beaucoup changé. Même Brubaker – qui sortira deux ans plus tard n’ira pas aussi loin dans le traitement de l’univers carcéral. Parker et Stone n’éludent rien : ni les violences, ni la sexualité, et en particulier l’homosexualité et la masturbation, considérées comme tabous au cinéma, voire dans la vraie vie.

 

Mais c’est aussi un film d’acteurs, où chacun compose un rôle prenant. Brad Davis a trouvé là le rôle de sa vie. Et si d’autres films le mettront en valeur, jamais il n’atteindra l’intensité de jeu de Midnight Express.
L’autre performance est signée par John Hurt, qui joue un Max époustouflant. Il a l’allure – on dit même qu’il ne s’est pas lavé pendant tout le tournage ! – et le jeu justes : peu de paroles, mais un sens du placement et de l’attitude formidables.

C’était vraiment un immense acteur.

 

 

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