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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rob Reiner
Misery (Rob Reiner, 1990)

Paul Sheldon (James Caan) vient de terminer son dernier livre.

Il fume une cigarette en buvant un verre de Dom Pérignon 1982.

Le rituel.

Ensuite, il range ses affaires et retourne à New York pour présenter son travail à Marcia Sindell (Lauren Bacall), son éditrice.

Autre rituel.

Mais cette fois-ci, le blizzard le surprend et sa voiture se renverse. Blessé, il est secouru.

Il se réveille chez sa sauveuse, Annie Wilkes (Kathy Bates).

Sa fan numéro un.

 

Cette fois-ci, Rob Reiner change de genre - encore une fois ! - et nous propose un thriller. Adapté du best-seller éponyme de Stephen King, il raconte la relation entre un écrivain et sa plus grande admiratrice.

Une relation qui commence sous les auspices les plus favorables. Mais ce n'est qu'un vernis. Rapidement, il se craquèle et Paul aperçoit puis prend conscience de la personne qui l'a sauvé.

Parce que Kathy Bates interprète une femme malade avec beaucoup de talent. Son regard surtout est le plus impressionnant. Passant du sourire à la moue la plus dédaigneuse, elle n'est pas inquiétante : elle est angoissante !

A chaque apparition - pour Paul, qui est blessé et drogué, ce sont des apparitions, mais rapidement, ce sont aussi des apparitions pour le spectateur ! - on s'attend à une menace, à un nouveau soubresaut de son esprit malade. Et on n'est pas déçu.

 

Dès le début, pourtant, on sait que tout va mal se passer : dans la scène initiale, Paul a terminé son œuvre, il fume sa dernière cigarette et boit son dernier verre, les attributs du condamné. Parce que Paul est condamné. Et ce qui va suivre, c'est sa vie après la mort : l'enfer.

Sheldon essaie sans cesse de se sortir de cette situation, mais à chaque fois, un grain de sable s'insinue et son plan s'effondre. La scène du toast est très révélatrice de cet état.

Mais Misery, c'est aussi l'accumulation de petites choses qui se liguent contre Paul, nous faisant penser que l'issue sera fatale : la voiture sous la neige, le pingouin... Paul est enfer et son supplice est de revivre à chaque fois des tentatives infructueuses pour s'en sortir. Une espèce de Tantale qui voit la liberté lui échapper à chaque fois qu'il s'en approche.

 

Mais Misery, c'est surtout Kathy Bates qui irradie à longueur de film. Pas étonnant qu'elle ait décroché l'Oscar de la meilleure actrice ! En plus de son regard si changeant, son attitude bipolaire est magnifiquement rendue : passant d'un sadisme froid envers Paul, elle peut s'exciter comme une petite fille en lisant les aventures de son héroïne préférée : Misery.
Parce que Misery (Misère en anglais), ce n'est pas seulement la situation de Paul Sheldon. C'est avant tout une héroïne de roman à l'eau de rose que ce dernier a eu la bonne idée - sauf pour lui, semble-t-il - de faire mourir dans le dernier volume afin de passer à autre chose.

 

Heureusement, Annie Wilkes veille... De la façon que l'on sait !

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