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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Robert Siodmak
Mollenard (Robert Siodmak, 1938)

Justin Mollenard (Harry Baur) est un corsaire des temps modernes, dans la lignée de Surcouf ou plus exactement de Jean Bart, lui aussi natif de Dunkerque.

Dunkerque, c’est là qu’est la vie de Mollenard, sa femme Mathilde (Gabrielle Dorziat, magnifique, comme d’habitude), et ses enfants Jean (Robert « Poil de Carotte » Lynen) et la belle Marie (Ludmilla Pitoëff).

Mais sa vraie vie, c’est sur les mers du Sud qu’elle se passe, aux côté de son second Kerrotret (Albert Préjean) et son équipage, à trafiquer des armes pour le général Chen dans le conflit sino-japonais.

Ce trafic n’est pas du goût de la compagnie qui l’emploie : normal, elle n’y gagne plus rien.

Malheureusement pour Mollenard, son bateau sombre et il doit rentrer à Dunkerque.

Et se retrouver à Dunkerque avec madame Mollenard est la dernière chose qu’il aurait voulue…

 

Avant-dernier film français avant les Etats-Unis de Robert Siodmak, qui s’était réfugié à Paris pour fuir les nazis, ce Mollenard est un film récemment restauré dans lequel on retrouve avec beaucoup de plaisir quelques grands noms du cinéma français de l’entre-deux guerres : Harry Baur, Gabrielle Dorziat, Albert Préjean ou encore Pierre Renoir (Bonnerot) et Maurice Baquet (le joueur d’harmonica).

Adapté d’un roman d’Oscar-Paul Gilbert, il se divise en deux parties bien distinctes : le trafic et le retour au port. Si la partie trafic reste haute en couleurs, avec ce parfum d’exotisme mâtiné d’affaires louches et de règlements de comptes, la seconde partie à Dunkerque est beaucoup plus noire, et l’affrontement entre Dorziat et Baur y est splendide.

 

On connaît la propension d’Harry Baur à parfois en rajouter un peu, mais ici, il trouve une adversaire à sa hauteur. La Dorziat interprète une femme terrible, une femme de tête et qui dirige son monde : une de ces femmes qu’on n’aurait pas envie d’avoir comme ennemie. Alors vous comprenez que Mollenard n’ait qu’une envie : mettre de la distance entre elle et lui.

En plus de cet affrontement, ce sont les différents personnages que nous rencontrons qui font le sel de ce film plutôt méconnu.

Si Mollenard est un personnage truculent à la limite de la légalité (et même au-delà), on trouve une galerie intéressante de personnages aussi petits que Mollenard est grand. En tête de ceux-ci, on trouve Chevrier, archétype du personnage veule et roué, interprété avec brio par Jacques Baumer, qui a en plus la gueule de l’emploi.

Autre personnage emblématique : Bonnerot. Pierre Renoir est encore une fois formidable dans ce rôle de trafiquant sans foi ni loi, de la même trempe que Mollenard, avec une grande dose de rouerie, comme pourra le constater Happy John. Ce dernier, interprété par Dalio, est lui aussi un archétype, celui du traître. Ce sera d’ailleurs ce qui précipitera sa fin. Dalio fait une courte apparition dans ce film, mais on ne peut pas l’oublier tant son personnage est intéressant et surtout son jeu magnifique.

 

Je terminerai en vous faisant remarquer la splendeur des décors de Trauner, encore une fois dans des villes portuaires (Shanghai et Dunkerque), avec encore une fois un peu de brume(!), et la présence comme assistant de Pierre Prévert.

Sans oublier le scénario de Spaak et de l’auteur (Gilbert) qui nous gratifie, en outre, de dialogues ciselés qui n’ont pas à rougir face à ceux de Prévert (Jacques) ou encore Jeanson (Henri) qui officiaient à la même période.

Bref, du beau monde pour un film qui mérite d’être (re)découvert.

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