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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jodie Foster, #George Clooney
Money Monster (Jodie Foster, 2016)

Money Monster, c’est une émission de télévision en direct, présentée par le célèbre Lee Gates (George Clooney) et produite par Patty Fenn (Julia Roberts).

Le sujet de ce soir (-là) : IBIS, une société dirigée par Walt Camby (Dominic West), qui vient de subir une perte record – 800.000.000 $ (1) – du fait d’un bug informatique, le célèbre glitch.

SI c’est un coup dur pour une société, c’est un coup certainement au moins aussi dur sinon plus pour ceux qui ont tout misé sur cette société.

C’est le cas de Kyle Budwell (Jack O’Connell), qui a perdu 60.000 $ (1). C’est pourquoi ce même soir, il entre dans le studio de l’émission et prend en otage Lee Gates, responsable selon lui de sa banqueroute.

 

Cinq ans après Le Complexe du castor à propos de la dépression, Jodie Foster s’attaque à un autre fléau de la société : la finance. A travers cette histoire dramatique de cet homme qui n’a plus rien à perdre (IBIS s’est chargé du reste), c’’est tout un système qu’elle pointe du doigt sans toutefois privilégier un camp ou un autre. En effet, si IBIS a causé de grands dégâts chez les petits porteurs, le système est-il mauvais seulement quand on perd ? Jamais on ne voit le côté défendu par Camby : quand on amasse, personne ne se plaint jamais. Et si on peut (doit ? pour moi oui, mais ce n’est pas de moi qu’il s’agit) condamner cette pratique qui spécule sur la vie d’autrui (2), on ne peut pas ignorer ces (ses) arguments.

 

Mais encore une fois, le personnage principal de cette histoire n’est pas celui qu’on croit : si Gates est une espèce de requin, valet des capitalistes et tout ce que vous voulez d’autre, c’est tout de même Kyle le personnage qui nous intéresse le plus. Même si Gates est la cible première de Kyle, on ne peut que le comprendre : Gates représente cette haute finance qui daigne partager ses miettes avec les petits, donnant l’illusion que tout le monde est gagnant et que l’Amérique, décidément, est une véritable terre d’opportunité(s). A moins que ce soit d’opportunisme…

 

Kyle est le pauvre type qui a tout raté, qui tente de survivre et voit en Gates un allié » formidable : il boit comme du petit lait ce que ce dernier raconte à la télévision. Mais c’est justement quand il s’aperçoit qu’il a tout raté, même cette expédition, que la vérité lui saute aux yeux : Gates a beau motiver ses spectateurs, il ne met pas un cent dans les affaires qu’il recommande…

Mais ce monstre titulaire (du film comme de l’émission éponyme) n’est finalement pas celui qu’on croit : non, Gates a beau être un rapace au sourire carnassier (3), il n’est pas le vrai salaud de l’histoire. Et encore une fois, Kyle, comme tous ceux qui lui ressemblent, se trompe de cible. On ne doit pas condamner le messager, même s’il est aussi retors que Lee.

Pourtant, il est un fait qui n’est jamais clairement dit, c’est que Lee est avant tout une espèce de journaliste, spécialisé dans la finance et qui analyse la situation avec une grande régularité et très certainement une forme d’honnêteté.

En prenant en otage ce curieux individu, Kyle va lui rendre un sacré service : il va le réformer, et amener, encore une fois, sa rédemption. En effet, avec (grâce à) cette prise d’otage, Patty Fenn et Lee Gates vont – enfin ? – exercer réellement leur métier. Car si IBIS a perdu de l’argent, on ne peut pas se contenter d’un « glitch ». Il y a obligatoirement quelque chose derrière tout ça.

Et Patty, ainsi que Lee – son bras armé en quelque sorte – vont fouiller le contexte de cette faillite (fuite ?) de capitaux. Ils sont pressés par le temps et surtout la menace de Kyle qui a décidé de tout faire sauter s’il n’est pas entendu par le(s) responsable(s) de son marasme.

 

Alors on a cette quête de la vérité qui devrait toujours être le but recherché à partir du moment où on informe. Chaque déclaration, chaque action a ses répercussions. Et c’est le cas pour celui qui présente le journal comme celui qui annonce le temps du lendemain. Ses déclarations ont un impact, et cet impact peut devenir une arme terrible, dans les mains de n’importe qui.

 

Je terminerai en remarquant un certain timing dans la sortie de ce film. En effet, en 2016 se tenaient les élections présidentielles américaines, où l’information fut encore une fois l’un des facteurs les plus déterminants de ce scrutin. Mais si en 1960, Kennedy fut aussi élu parce que Nixon avait une allure de mal rasé à l’écran, en 2016, ce sont des informations pas toujours vérifiées qui ont inondé les télévisions et le net mondial, amenant un résultat qui me semble peu glorieux pour un pays comme les Etats-Unis. Maintenant, qui suis-je pour critiquer alors que je vis dans un pays où celui qui a été élu le fut essentiellement parce qu’on ne voulait pas de l’autre ?

 

Quoi qu’il en soit, ce film reste (et restera très certainement) très actuel : combien de personnes vérifient réellement l’information qu’elles reçoivent, par facilité, paresse ou même conviction ? Parce qu’il est toujours plus facile de croire ce qu’on a envie d’entendre que cette « affreuse vérité », qui n’a plus rien à voir avec celle de Leo McCarey (4)…

 

 

  1. C’est toujours plus impressionnant en chiffres !
  2. Les marchés sont ainsi faits : quand quelqu’un gagne beaucoup, c’est que quelqu’un d’autre perd autant. Il s’agit tout simplement du principe des vases communiquant.
  3. C’est l’image traditionnelle qu’on se fait de ce genre de personnage…
  4. The awful Truth (Cette sacrée Vérité, 1937)
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