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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Emmett J. Flynn, #Drame
Monte Cristo (Emmett J. Flynn, 1922)

Troisième adaptation du roman de Dumas – deuxième américaine – ce film reprend (presque) fidèlement les différentes péripéties du roman, avec une fin alternative, mais après la version Dayan de 1998, on peut s’attendre à tout.

Et si la fin va dans ce même sens, la version proposée par Emmett J. Flynn n’a pas à rougir comparativement aux autres.

 

Bien sûr, tous les protagonistes sont là : Edmond Dantès (John Gilbert), bien sûr, trahi par ceux qui se disaient ses amis – Gaspard Caderousse (William V. Mong) ; Danglars (Albert Prisco) et Fernand Montego (Ralph Cloninger). Mais aussi sa fiancée la belle Mercedes (Estelle Taylor) et l’incontournable abbé Faria (Spottiswoode Aitken), compagnon d’infortune au Château d’If.

Là encore, le film est divisé en deux parties : la première qui voit la machination opérer contre Dantès, avec la complicité de l’infâme Villefort (Robert McKim), jusqu’au retour chez Caderousse, quand Dantès/Monte-Cristo fomente sa vengeance.

La seconde ensuite quand les différents conjurés sont châtiés par celui qu’ils avaient trop tôt enterrés.

 

Le générique le précise dès le premier intertitre : il s’agit d’une superproduction avec casting brillant (avec toutes ces stars, rien d’étonnant), et reconstitutions somptueuses, que ce soient les décors ou les costumes.

Outre les personnalités citées plus haut, on retrouve quelques têtes connues dans les seconds rôles : Francis McDonald (Benedetto/Cavalcanti), Maude George (Mme Danglars) et bien sûr la belle Renée Adorée (Melle Danglars), qui va bientôt partager la tête d’affiche avec John Gilbert dans les années qui vont suivre (1).

 

Emmett J. Flynn fait partie de ces réalisateurs sans grande envergure depuis longtemps oubliés, mais en lui confiant un tel film, William Fox devait savoir ce qu’il faisait. Et ce film est loin d’être un petit film, de par son envergure et sa distribution. Nous avons donc une interprétation sure, Gilbert est un Monte-Cristo magnifique, dont le regard – comme tous les autres interprètes – est l’atout maître. La plupart des événements sont accentués par des visages très expressifs, avec surtout une grande mobilité des yeux (surtout chez Caderousse).

Parmi les techniques utilisées, on retrouve de nombreux flashbacks rappelant – ou non – de »s scènes déjà vues, ainsi que des surimpressions en relation avec le passé, rappelant ce qui amena Dantès à devenir Monte-Cristo.

 

De plus, on note un souci du détail, isolant certains éléments pour renforcer l’intrigue et l’action d’un personnage par rapport à l’intrigue : la lettre de dénonciation que récupère Montego ; les plaques sur les portes des cellules…

La mort de Caderousse (tué par Benedetto) est une très belle séquence, mettant en scène les deux protagonistes, Benedetto en arrière-plan qui se prépare à poignarder son hôte : on suit Caderousse qui admire avec envie le diamant que lui a laissé l’abbé Dantès, pendant que dans le coin supérieur droit on aperçoit la main de Benedetto qui va à sa ceinture, sort le couteau et se rapproche de sa victime. On ne verra pas la lame pénétrer le corps, mais le résultat est sans appel, Caderousse est mort.

 

Quoi qu’il en soit, et malgré la fin attendue (2), Monte Cristo est un très beau film solidement interprété, où John Gilbert joue sur autre chose que son physique de jeune premier (il a 25 ans quand le film sort), et nous gratifie d’un Edmond Dantès dans le ton du roman de Dumas. Son regard – lui aussi très important – exprime à merveille le sentiment de vengeance ainsi que la lassitude une fois qu’elle est accomplie, renforcée par un maquillage qui le vieillit sans pour autant exagérer le passager du temps.

D’ailleurs, pour tous les personnages, la marque du temps est montrée par ce même maquillage sans excès, et surtout qui passe très bien dans les différents gros plans utilisés.

 

Une nouvelle pépite dans cette production hollywoodienne de la période muette, réalisée par un metteur en scène dont le défaut, l’alcoolisme, entraînera sa mort prématurée en 1937 à 44 ans, alors qu’il ne tournait plus depuis déjà 5 ans.

Dommage, encore une fois.

 

 

  1. Et pas n’importe quels films : La grande Parade, La Morsure ou encore Les Cosaques.
  2. On est au cinéma, que voulez-vous…
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