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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Histoire, #Steven Spielberg
Munich (Steven Spielberg, 2005)

Munich, septembre 1972.

Alors que les JO battent leur plein, le groupe Septembre Noir prend en otage les athlètes israéliens.

Bilan : les onze athlètes sont tués et les preneurs d’otage abattus ou arrêtés

Dans l’année qui suit, le Mossad met en place un groupe de cinq hommes dont la mission est d’éliminer les commanditaires de cet assassinat.

Ce groupe est dirigé par Avner Kaufmann (Eric Bana).

 

Evacuons tout de suite ce qui pourrait fâcher : no, ce n’est pas une vraie reconstitution, même si Spielberg s’appuie sur des éléments authentiques pour construire son film (1). D’ailleurs, la reconstitution du calvaire des athlètes est encore une fois magnifique, montrant que ces derniers n’avaient aucune chance de s’en sortir. Mais il ne nous le livre pas d’un seul bloc, amenant les images à mesure que son personnage principal évolue dans sa mission particulière. La dernière partie – à l’aéroport – amenant un basculement final inattendu, mais tout de même prévisible quand il s’agit d’une opération organisée par des services secrets, de quelque nationalité qu’ils soient.

Parce que si Kaufmann et ses hommes ont des objectifs bien précis, le monde continue de tourner et la diplomatie de s’organiser. Et surtout, ces hommes ont le tort de croire qu’ils sont les seuls en chasse : Septembre Noir et ceux qui sont derrière ne peuvent pas laisser tuer leurs hommes sans réagir. A leur tour, ils sont traqués par ceux qu’ils chassent.

 

Quand Spielberg abandonne ses enfants – petits et grands – c’est presque toujours pour réaliser un film plus sérieux, voire une reconstitution (Schindler’s List, Amistad...). Encore une fois, c’est le cas, et pour notre plus grand plaisir.

On retrouve toujours ce même soin pour la reconstitution que ce soit les différents décors costumes ou même coupes de cheveux, tout est d’époque, et nous replongeons dans ces années 1970s (1973 pour être plus précis) avec en fin de film une vue sur les Tours Jumelles du World Trade Center qui viennent d’être inaugurée (4 avril 1973).

 

Bien sûr, c’est la traque qui nous intéresse. C’est palpitant à souhait mais surtout ces agents du Mossad – qui n’en sont pas, c’est très compliqué – ne sont pas des experts, loin de là : il suffit de voir leur première exécution pour s’en convaincre. Pourtant, ils vont parvenir à leurs cibles et gagner en efficacité, même si, comme le dit Robert (Mathieu Kassovitz) leur artificier : « ma spécialité n’est pas de créer des bombes, mais de les démonter ».

Mais la grande différence avec les homes qu’ils pourchassent, reste malgré tout leur humanité : les victimes collatérales sont évitées autant que possible (séquence de Paris).

 

C’est donc du très bon Spielberg qui nous est proposé là, mêlant intrigue d’espionnage et chasse aux criminels, avec toujours cet aspect humain propre à ses personnages : ici Avner doit en même temps assumer une femme et leur fille qui va naître pendant sa mission. On retrouve d’ailleurs cette humanité dans le souci de ne pas faire de victimes inutiles (voir ci-dessus).

Mais nous sommes tout de même un cran au-dessous de l’admirable Liste de Schindler : le sujet en lui-même est moins lourd de sens, même si les faits qui en sont à l’origine (l’exécution des athlètes) restent un moment fort du film : un faux noir et blanc qui décrit sans concession la violence de cette nuit meurtrière.

Et d’une manière générale, tout ce qui relève de la violence dans le film reste sans concession, comme l’attitude de Golda Meir (Lynn Cohen) et du gouvernement qu’elle dirigeait. Cette violence est crue et spectaculaire, montrant – s’il y avait besoin – que Spielberg n’est pas obligatoirement un cinéaste gentil, comme on peut parfois le lire ou l’entendre : son premier long métrage, Duel, l’avait déjà bien démontré.

 

  1. Spielberg le précise d’ailleurs dans la présentation qu’il fait du film (en prime sur la version blu-ray) : il ne s’agit en rien d’une véritable reconstitution. Une extrapolation sur ce qui a dû arriver et sur la suite donnée par Israël contre ces assassins.
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