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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sidney Lumet, #Policier
Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient-Express - Sidney Lumet, 1974)

L’infâme Ratchett (Richard Widmark) est retrouvé mort dans son compartiment de l’Orient-Express, juste à côté de celui où dormait Hercule Poirot (Albert Finney).

Il semble qu’un homme mystérieux, déguisé en contrôleur, l’ait tué et après se soit enfui, laissant son costume.

A moins que ce soit autre chose. Dans ce cas, comptez sur Hercule Poirot pour découvrir la vérité.

 

Les années 1970s ont vu se développer de nombreux films aux castings prestigieux et fournis, qu’ils soient à grand spectacle (La Tour infernale) ou celui qui nous intéresse ici. En effet, la liste des participants au film est impressionnante, malgré le manque d’actions spectaculaires inhérent à l’intrigue : le huis clos feutré et lent (encore que) est donc contrebalancé par le prestige des interprètes.
Mais surtout, Agatha Christie a accepté » que ce film soit tourné : la grande dame avait été déçu de précédentes adaptations de ses romans.

 

C’est donc Sidney Lumet qui dirige tout ce beau monde, dans une intrigue toujours aussi bien ficelée (1), délaissant un temps ses sujets habituels et plus sérieux. D’une certaine façon, c’est plus un divertissement de sa part quand on le compare à ses productions emblématiques (La Colline des hommes perdus, Un après-midi de Chien…).

Mais le cahier des charges est rempli : on y retrouve l’aspect aristocratique de certains personnages en même temps que le côté populaire des gens inférieurs ; le flegme britannique inévitable de toutes ces personnes ; et bien sûr les moustaches plus ou moins improbables du petit détective belge.

Albert Finney nous donne une prestation assez savoureuse, lui qui était vieilli chaque jour de tournage (2), avec toutefois son côté maniaque pas assez développé (2).

Pour le reste, il est impeccable, et sa grande séquence de révélation finale est superbement interprétée.

 

Comme beaucoup de films dont la résolution finale éclaire l’intrigue et lui donne toute sa dimension, celui-ci n’échappe pas à la règle. Même si nous sommes au cinéma et que finalement, ce n’est qu’une adaptation, elle n’en possède pas moins les avantages.

Et un roman policier d’Agatha Christie prend tout son sel quand on en connaît le dénouement. Revoir le film (comme relire le livre) permet de relever les différents indices mis à disposition par le réalisateur (ou l’écrivaine) pour nous aider à découvrir le fin mot de l’histoire. Certains plans rapprochés ou certains détails mis en exergue prennent alors tout leur sens et amènent un plaisir supplémentaire au spectateur qui les traque et les découvre. Bien entendu, ici, ce sont surtout les regards qui deviennent éloquents, à mesure que l’enquête progresse.

 

Alors certes, ce n’est pas le meilleur des films de Lumet, mais qu’importe, on y retrouve de grands noms du cinéma (anciens comme John Gielgud ou George Coulouris) ou plus récents (Albert Finney, Jacqueline Bisset) ainsi que des éléments physiques du huis-clos : la caméra très proche des personnages du fait de l’exiguïté des couloirs n’en amène que plus de réalisme. Mais surtout, on y apprécie l’atmosphère feutrée et lourde de cette gentry que décrit avec justesse Agatha Christie où, comme partout, le sordide a sa place, et la dissimulation reste la première des qualités (4).

 

 

  1. Si vous avez lu le livre, vous en conviendrez.
  2. Dans la première apparition de Poirot (La mystérieuse Affaire de Styles, 1920), Hastings – le narrateur – nous présente le petit détective comme quelqu’un d’assez âgé, puisque en retraite de la police belge. L’intrigue ici se déroulant en 1935, il ne pouvait pas être interprété par un homme jeune.
  3. David Suchet, qui reprendra le rôle pour la télévision, est – à mon avis – un Hercule Poirot extraordinaire, plus vrai que le vrai.
  4. « Keep a stiff upper lip. »
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