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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Albert Austin, #Comédie dramatique
My Boy (Albert Austin - Victor Heerman, 1921)

L’année 1921 s’ouvre avec un immense classique : The Kid.

Mais on oublie souvent (quand ce n’est pas toujours) de signaler qu’elle se termine avec ce même Jackie Coogan, dans le film d’Albert Austin et Victor Heerman: My Boy. (1)

Nous connaissons tous Albert Austin, partenaire de longue date de Chaplin, et qui l’accompagnera jusqu’au Cirque. Mais il a aussi tourné quelques films dans l’ombre du maître, dont celui-ci avec le petit prodige.

Il a un nom, il s’appelle Jackie Blair.

A la mort de son père, sa mère et lui ont traversé l’Atlantique mais cette dernière est morte sur le bateau au bout de deux jours, usée par la maladie.

Arrivé à Ellis Island (2), il réussit malgré lui à en sortir avec l’aide très involontaire du capitaine Bill (Claude Gillingwater), qu’il va suivre jusque chez lui et finalement s’y installer.

Pendant ce temps, la grand-mère de Jackie (Mathilde Brundage) le fait rechercher puisqu’il s’est enfui du centre.

 

Le scénario est cousu de fil blanc, bien sûr, et on sait avant la fin du film qu’il retrouvera sa grand-mère. Mais ce n’est pas trop grave, le plus important, c’est Jackie Coogan et la relation entre l’enfant et le vieil homme.

On y retrouve – on s’y attendait – des réminiscences de The Kid, mais n’est pas Chaplin qui peut et il manque certainement une grande partie de l’émotion du premier film.

D’ailleurs, le film est beaucoup moins amusant que le Kid même si on y retrouve une poursuite avec un policier ou avec un joueur d’orgue de barbarie dans la même verve.

Il y a aussi quelques moments d’émotion comme quand le vieil homme couche l’enfant dans son lit, ému par sa petite main qui se pose instinctivement sur la joue du vieux loup de mer.

Mais Jackie Blair n’est pas le Kid. Il est beaucoup plus policé et son histoire est autrement plus tragique : à la fin de The Kid il retrouve sa mère, pas ici.

 

Toujours est-il qu’on retrouve chez Jackie Coogan la même façon naturelle d’interpréter cet enfant au passé malheureux mais au cœur énorme. Et Albert Austin réussit tout de même à nous surprendre sur l’origine de la poursuite du policier : un sac à main – rempli d’argent, cela va de soi – a été emporté et les enfants sont tout de suite suspectés : on est dans un quartier misérable de New York, et les philanthropes ne sont pas non plus des gens naïfs.

Cette séquence permet aussi d’illustrer une réalité dans l’Amérique du début du XX siècle : la pauvreté. La grand-mère de Jackie, Mrs J. Montague Blair, fait partie de ces femmes riches qui s’occupaient d’u secteur pauvre d’une grande ville, distribuant différentes aides, qu’elles soient financières ou matérielles, comme le goûter qui est organisé ici. (3)

 

Au final, un moyen métrage réjouissant, dû essentiellement à la présence et l’aisance de Jackie Coogan, et aussi pour ce vieux capitaine au premier abord rétif à accueillir ce petit garçon, mais qui, lui aussi, tombe sous le charme.

Mais comment peut-il en être autrement ?

 

 

  1. Entre les deux sort Peck’s bad Boy de Sam Wood : c’est une année faste pour Jackie !
  2. Point de passage obligé des immigrants, où ils étaient autorisés où non à entrer aux Etats-Unis.
  3. Pour plus de détails, je vous renvoie à, l’indispensable Behind the Mask of innocence du maître Kevin Brownlow. (London: Jonathan Cape, 1990 – Chap. IX : Poverty).
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