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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #Western

Avec la Poursuite infernale, John Ford s’attaque à la légende, celle du marshal le plus célèbre de l’Ouest, l’incontournable Wyatt Earp.

Légende, parce que si c’est inspiré d’une histoire vraie, il ne faut pas oublier certaines approximations voire erreurs flagrantes : James et Virgil n’ont pas été tués, ni tous les Clanton – et encore moins Doc Holliday – à OK Corral. Mais c’est bien connu, surtout avec John Ford (qui en fera un slogan dans l’Homme qui tua Liberty Valance) : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende ! »

Alors passons.

Ici, on suit Wyatt Earp (Henry Fonda), comment il arrive, ses raisons de devenir marshal de Tombstone, jusqu’au règlement de compte final. Et si Earp est la légende, le personnage plus important, c’est John Doc Holliday (Victor Mature). Car l’arrivée des frères Earp va entraîner un bouleversement dans sa vie. Il ne va plus régner sur la vile comme autrefois, et surtout, avec l’arrivée inopinée de son ancienne petite amie Clementine Carter (Cathy Downs) – qui donne son nom au titre original. Son passé le rattrape. Il fut docteur, et va le redevenir, le temps d’une opération. Avoir été médecin ne l’empêchant pas d’être malade et de refuser de se soigner, ce qui fait dire – avec prémonition – que ça va le tuer…

Pour le reste, c’est du grand John Ford. Tourné dans Monument Valley – lieu qui lui est cher – tous les ingrédients du western sont là (même un Indien qu’on a laissé boire de l’eau-de-feu !) :

Les poncifs :

  • On retrouve la dualité manichéenne avec d’un côté les gentils (les frères Earp), et de l’autre les méchants (le clan Clanton) ;
  • Le site grandiose de Monument Valley, qui apporte de la majesté ainsi qu’un côté sauvage ;
  • La poursuite de la diligence (qui donne son sens au titre français) ;
  • La violence de cette période où la Loi ne s’était pas encore installée partout (neuf morts par balles).

Le pittoresque :

  • Le joueur de cartes professionnel ;
  • l’acteur shakespearien qui aime autant jouer que boire ;
  • le pianiste du saloon qui joue pour couvrir le grabuge ;
  • les spectateurs du théâtre qui ne savent pas se tenir ;
  • les filles avec leur tenancière (Jane Darwell) ;
  • l’évolution inexorable vers la civilisation : construction d’une église, création d’une école ;
  • le square dance et ses musiciens, dont l’incontournable violoneux (Russel Simpson) ;
  • le barman (J. Farrell McDonald) qui n’a jamais été amoureux, ayant passé sa vie derrière le bar.
  • Le chef français (qui, évidemment, s’appelle François !)

Quant aux personnages, ils sont fordiens au possible : entre le barman, l’acteur, la mère maquerelle et Francis Ford – qui a un rôle muet de bout en bout, on retrouve la grandeur du héros chez Henry Fonda, avec tout de même ses faiblesses : ici, sa gêne lors du bal. Et puis les femmes ne sont pas faibles. La plus forte étant bien entendu Chihuahua (Lida Darnell), ce qui ne l’empêche pas d’avoir des soucis avec le marshal, dans la plus pure tradition fordienne.

Une dernière chose enfin sur l’acteur shakespearien Granville Thorndyke (Alan Mowbray). Au-delà de son côté pittoresque, son intervention n’est pas innocente. En effet, il va réciter le monologue d’Hamlet, sous les yeux admiratifs de Wyatt Earp, et surtout de Doc Holliday. Cet extrait précédant la vengeance de Hamlet annonce celle que prendront les frères Earp sur le clan Canton. La fin du monologue, par Doc Holliday – Thorndyke n’en pouvant plus – est l’un des moments les plus émouvants du film.

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